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Ultra Absorbant

l’Esprit du Clan: Brutal de nature

Marc-André Savard
16 septembre 2009

EDC_band

L’Esprit du Clan est une formation hardcore intègre, déterminée et puissante. Y en a peu des comme ça alors je manque pas le bâteau lorsque le groupe passe par les Foufs pour présenter son plus récent chapitre, L’enfer c’est le nôtre. Le spectacle à peine terminé, je rejoins Arsene, l’un des deux chanteurs, et Clem, le bassiste, à «l’étage interdite» du bar. Enfumés de tabac qui fait rire, les guerriers profitent de la fête du travail pour s’accorder un rare moment de repos…

Jouer naturellement
C’est que la veille de ma rencontre, le Clan était au FME de Rouyn-Noranda et s’apprête à sillonner le Québec sur tout son long jusqu’aux Maritimes avant de revenir jouer à Ottawa, s’arrêtant à Sherbrooke, Rimouski et Drummondville au passage. Des arrêts assez ruraux et intimes pour un groupe issu du coeur de Paris, qui se décrit comme «urbain» et qui vient d’ouvrir pour Lamb of God devant des milliers de poilus parisiens. Pas de soucis, tout c’qui compte pour L’Esprit du Clan, c’est de jouer. Arsene s’accomode bien de la cinquantaine de personnes qui se sont rassemblées aux Foufs. «Je m’attendais même à moins de monde ce soir, en plein congé férié. Ceux qui étaient là étaient là pour nous voir, alors c’est cool. Jouer devant des gens, peu importe qui et combien, y a pas de problème.»

Jouer, point. But assez simple mais qui peut être parsemer d’embûches. Est-ce que le fait de chanter en français empêche l’Esprit du Clan de s’exécuter ailleurs que dans la francophonie? Je fais référence à l’absence de groupes hardcore francophones au Québec et à tous ces hardcore kids francophones qui cassent leur anglais pour espérer sortir de nos frontières…

Arsene poursuit: « C’est que nous, on a pas vraiment le choix. Dans le sens où vous ici, vous parlez très bien anglais. Nous, on a pas ce luxe-là. Quand on était jeune, on savait pas bien parlé anglais. On sait toujours pas très bien parler anglais. Par exemple, on va en Pologne, au Portugal et en Espagne. Honnêtement, pour moi, c’est l’énergie qui compte, quoi! J’peux voir un groupe qui chante en espagnol, en italien et en anglais. Du moment qu’il est bon, je le regarde. C’est ça le principe pour moi… Si on vend 10 000 albums en moins, qu’on fait 10 dates en moins et qu’on évite des pays, et bien tant pis pour nous. » Clem, tout aussi zen, conclut: « C’était pas une volonté ni un but. On parle pas anglais, on parle français. C’était naturel. On s’prend pas la tête avec ça.»

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Sur leur premier album, Chapitre 1, l’Esprit du Clan rappele beaucoup le hardcore new-yorkais (Biohazard et les groupes du DMS crew). Au fil des albums, le death metal prends une place de plus en plus importante pour finir avec la part du lion sur L’enfer c’est le nôtre. La frontière entre les deux genres est de plus en plus brouillée. Démarche consciente?

Encore là, tout est dans la nature des choses selon Arsene « J’écoute du hardcore, j’écoute du death metal, j’écoute du heavy metal, du glam metal, du hip hop. On s’en fout quoi. Si y en a qui de disent: pou moi, c’est trop hardcore, j’aime pas, ou trop metal. Qu’ils aillent se faire foutre!» Ah, là je reconnais le mec intransigeant qui signe les textes revendicateurs de l’Esprit du Clan. Je tire un peu plus la queue du diable: Quel mur aimerait-il faire tomber?

Pisser sur le mur
« Pour moi, le métal, c’est une musique revendicatrice comme le hardcore et le hip hop. Vraiment de là à faire tomber des murs, ça me paraît peut-être un peu utopiste. On donne plus un petit coup de pied dans le mur ou un petit coup de poing. On pisse dessus…sur tous les murs! C’est ça l’esprit quoi. De là à renverser des murs, j’crois qu’aucun groupe ne l’a fait de toute façon. Même Bob Marley ou The Clash l’ont pas fait…»

Qu’est-ce qui pousse à continuer dans ce cas?

« On est conscient qu’il y a beaucoup de choses qui ne vont pas. On essaie de vivre là-dedans positivement. On sait qu’on a qu’une vie; on croit pas en Dieu, on est athée. On croit pas en le renaissance des âmes et tout ça. On vit maintenant, on fout la merde et on essaie d’être positif tout en sachant qu’on est dans un monde très négatif.»

La bande d’entêtés qu’est l’Esprit du Clan regarde sans cesse vers l’avant, peu importe ce que l’avenir lui réserve. Justement, le prochain chapitre, c’est quoi?

« Prochain album, prochaine tournée, prochaine compo, prochain texte. Continuer, continuer, grandir… J’pense que si on est heureux dans notre vie et que tout va bien, on a aucun intérêt à faire cette musique. Cette musique-là est quelque chose à extérioriser en groupe. Quand on sera heureux et content de où on est dans nos vies, j’pense qu’on aura plus cette envie d’aller sur les routes, de faire du métal et d’être violent comme ça.»

Le feu sacré est pas prêt de s’éteindre quand même? «Oh non! Ça, y a pas de problême!»

Ouf…

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Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

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