BangBang : bangbangblog.com

Ultra Absorbant

Envol et Macadam 09

Marc-André Savard
17 septembre 2009

Retour sur le festival Envol et Macadam 09
Présenté du 10 au 12 septembre 2009
À l’Îlot fleuri de Québec

The-sounds
The Sounds, photo par Francis Gagnon

Le FME a provoqué une solide érection chez la communauté Bangbang, vous l’avez sûrement senti… De mon côté, les corps caverneux sont demeurés plutôt vides; Les groupes qui me branchaient au festival sont tous passés par Montréal cet été alors pas besoin d’aller me faire manger par les mouches en Abitibi (même si la p’tite pine up de la pub avait l’air ben sympathique…) Que veux-tu, j’ai tout cuit dans le bec sur l’île et j’en sors rarement pour voir des shows…sauf pour le festival Envol et Macadam de Québec. Voyez-vous, aucun des 1000 festivals montréalais ne lui arrive à la cheville (ou au nombril disons). High fives Labaume, y a un festival dans ta ville qui s’est pas encore fait damé le pion!

Pourquoi c’est pas d’la tite bière? D’abord, les deux scènes principales d’Envol et Macadam sont installées sur un site incroyable: L’Îlot fleuri, situé sous le tablier de l’autoroute Dufferin. Cette année, l’événement continue son envol avec l’érection (salace lien avec l’intro) d’une troisième scène sous un vaste chapiteau au sommet d’une butte gazonnée. Ensuite, le festival torche à cause de sa programmation bourrée d’exclusivités qui s’adresse tant au siroteux de Coors Light à calotte qu’à la marge avertie.

Attendre que le poisson frise
Justement, la principale raison de ma présence au festival est l’un de ces monstres sacrés de l’ombre: Sick Of It All, LES dieux du hardcore depuis 25 ans. Par la bande, je profite aussi de mon escapade à Québec pour voir une trâlée de vieux amis. Vous savez c’que c’est, on s’amuse beaucoup pendant l’avant-show à siroter une bière en faisant tourner du vinyl et on en oublie presque le show en tant que tel. En bout de ligne, j’ai manqué la majorité de la programmation d’Envol et Macadam. J’en file presque cheap, mais hey, c’est un blog ici alors je vais tenter de boucher les trous par de savoureuses anecdotes perso, d’ac? De toute façon, je connais rien à Chromeo pis j’m’en porte pas trop mal…

Jeudi, fidèle à mon habitude, j’arrive plus tard que prévu sur le site de l’événement. Pas d’ma faute, mon transport Amigo Express a pas été si express que ça; la conductrice s’est arrêté lâcher une pisse et prendre un filet d’poisson chez McDo, mais la préposée à la friture s’est enfargé dans ses doigts et a échappé la mixture par-terre. Fallu attendre qu’on autre filet frise (du verbe frire, 3e personne du subjonctif présent)…J’te jure, j’suis sûr que la friteuse était pas branché tellement c’était long.

Enfin, j’arrive à l’Îlot-en-garnotte-et-pas-si-fleuri-que-ça-finalement.  Le gars de sécurité tâte mon mollasson pocheton. Inquiète-toi pas, y est pas prêt de tirer. Je suis pas trop excité à l’écoute de Stéréo Total, duo rock minimaliste mi-français mi-allemand, qui s’exécute déjà. J’ai attendu après d’la merde qui frît, maintenant, j’en vois sur scène. Sérieux, Stéréo Total est croche, suffisant et  la chanteuse lit ses paroles. Come on! Un band du calibre à jouer dans une taverne au fin fond du quartier Limoilou, reprises de Soupir et Corbeau en prime. Mais attends, ce groupe est en tournée internationale et sur un grosse scène d’un festival en plus. Pour citer Olivier Langevin « Ben voyons Don’! Ça a pas de bon sens!»

Je me commande une Tremblay pour faire passer le goût et je me dirige vers la tente ExoTagada Jones rachète l’honneur de la France avec un set puissant réglé au quart de tour. Le punk et le hardcore sont souvent dénaturés dans des festivals d’envergure quand les groupes habitués à des petits bars se retrouvent perdus sur des scènes immenses de six pieds de haut. Envol et Macadam a réglé le problème de la meilleure façon qui soit avec cette tente; Les groupes évoluent sur une scène de 4 pieds, près du public, et l’effet de serre fait le travail pour réchauffer l’ambiance. Bref, c’est comme si un petit festival de région s’était greffé à Envol et Macadam…yes! Moi qui redoutait de voir Sick Of It All sur une des deux grosses scènes, je sens le sang affluer dans mon…ok j’arrête les allusions là.

Beneath The Massacre
Autre surprise: Beneath The Massacre, poids lourd du death montréalais, est de la partie, en remplacement de Sons of Disgrace, de Québec. Set intense campé dans leur dernier album, Dystopia, qui excite la foule, même si deux photographes sont en plein coeur de la fosse avec des objectifs télescopiques et un trépied! Comme si tu te mettais la tête dans une laveuse et que t’espérais en sortir sec…

Sick Of It All
J’attends Sick Of It All et mon excitation est évidente comme un érection dans un legging (ok, ok, c’était vraiment la dernière). Ce groupe dégage une telle énergie et une telle sincérité que j’me suis juré il y a une dizaine d’années de ne jamais manqué un de leur passage en province. Je gratine du gratin en déclarant ça, mais j’imagine que quiconque qui a vu les boys de New York sur scène comprend. Québec semble tout aussi excité que moi puisque la dernière venue du groupe dans la Capitale remonte au dernier Snow Jam en 2002. Les hostilités commencent en force par Good Lookin’ Out. Aussitôt,  un gros poilu qui ne comprend pas trop la dynamique du moshpit saute sur un mec pour lui en mettre plein la gueule. Sauf que le mec a des amis…ouch.

Enfin, un vibe plus amical s’installe vite. Lou Koller, au micro, est passé maître dans l’art de faire sourire même le plus dur des durs. Son frère, Pete, Capitaine Cardio en personne, est toujours aussi fou à la guitare, multipliant les 360 avec son instrument. La performance atteint son paroxisme pendant Scratch The Surface et le fameux wall of death, qui a fait la renommée du groupe. Malheureusement, les lumières s’éteingnent pour un kid, assommé par un collègue danseur…(Dîtes-le pas à sa mère, il est revenu à lui un peu plus tard)

Le groupe joue l’habituel mélange de matériel des années ’80 que Lou décrit comme «trop rapide pour que les jeunes sachent comment danser dessus mais trop rapide pour que les vieux soient encore capables de suivre»: Injustice System, Rat Pack, Clobberin’ Time et My Life. Built To Last, leur meilleur album, est aussi à l’honneur (Built To Last, Busted, Us vs Them) sans oublier Step Down, leur classique de Scratch The Surface et les meilleures du dernier album: Take The Night Off, Die Alone, Machete et Uprising Nation. Sick Of It All, tout simplement dans une classe à part, est incapable de contre-performance.

On termine la soirée à décompresser au Scanner qu’on ferme avec une tournée d’amaretto (what the fuck, Trudel?!). Pas pressé de se lever le lendemain, je dîne avec une rutilante copine Chez Victor. Leur burger végé avec une boulette épinard-noix du Brésil me réconcilie avec mon estomac.

Comme si tu râpais ton set de patio
Rejoint par des amis qui bavent sur The Sounds, on prend la direction de l’Îlot Fleuri en milieu de soirée. Sur le chemin, on passe devant une patinoire sur laquelle deux gars en patins et culottes courtes jouent au hockey. Heu, y a un bug dans la matrice, là. Un pote s’informe. Il s’agit d’une glace synthéthique mis à l’essai par la ville, une sorte de plastique, avec sensiblement les mêmes propriétés que la glace. Sauf que quand tu freines, ça fait pas de la neige mais de la grenaille de plastique. Râpe ton set de patio si tu veux avoir un idée…Oubliez le green washing, l’avenir est dans le plastique, tu vois ben.

Guttermouth et The Sounds
J’arrive dans ma nouvelle maison, la tente Exo, qui déborde de vieux punks aux t-shirts de groupes de Fat qui existent pu depuis 15 ans. (Tu souviens-tu du fameux t-shirt vert lime de Ten Foot Pole avec un gars qui fume dessus?) Rien de plus normal, un groupe de cette époque, Guttermouth, est sur scène…Toujours aussi déchaîné et baveux depuis vingt ans! Si la veille on a eu une leçon de hardcore, ce soir, Mark Adkins donne toute une leçon de punk! Entre deux chansons, je dévalle la butte pour avoir un aperçu de The Sounds qui performe devant plusieurs milliers de personnes. Je confesse que je connais peu le groupe, à part leurs gros hits. Si je me déplace, c’est surtout pour apercevoir Maja Ivarsson, «la seule fille avec qui je coucherais» me confit des filles de la gang.  J’les crois. Maja est vêtue ce soir de shorts-presque-bobettes qui laissent peu de place à l’imagination. Beau brin de filles, les rumeurs sont fondées, et solide bête de scène par-dessus le marché. Désolé d’être aussi superficiel pour les fans, je connais pas le catalogue de The Sounds alors je suis réduis à parler que de l’emballage.

Punk Rock Karaoke
Retour sous la tente pour Punk Rock Karaoke, un excellent concept de karaoke (dis-moi pas!) ou la musique est jouée par Eric Melvin (NOFX) Greg Hetson (Bad Religion), Steve Soto (Adolescents) et Derek O’Brien (Social Distortion).Dans les jours qui précèdent le spectacle, le groupe met à la disposition du public une liste de classiques du punk rock, un ti-clin s’inscrit, le public vote pour la meilleure interpréation, et un ti-clin chante avec des légendes. Même si le concept est simple et obtient un certain succès ailleurs, à Québec, ça frise le flop. Il y a eu si peu d’inscriptions que plusieurs chansons doivent être retranchées de la liste (dont des chansons de Minor Threat, Stiff Little Fingers et Buzzcocks) Mon coeur saigne… J’gage qu’on est resté accroché sur la barrière de la maudite langue.

Les premiers candidats sont évidemment intimidés d’être sur scène aux côtés de ces gros noms et la foule ne fait rien pour les mettre à l’aise. Comme si tout le monde attendait qu’un de ces visages connus donne un show, l’ambiance ne décolle jamais et on baigne souvent dans le malaise total. Pas à cause des candidats qui font leur gros possible, mais parce qu’il en manque tout simplement! Eric Melvins tente de trouver des chansons que quelqu’un veut chanter, mais personne est motivé. Donne trop de corde au public pis y se pend avec. Le batteur et le chanteur de Guttermouth viendront finalement empêcher le total fiasco du karaoke en prenant le micro pour quelques chansons…

Mockin’ Birds
Après le spectacle, quelques groupes se disputent un futur show à Tokyo dans un concours au Cercle (pas de Paul Houde à l’horizon) organisé par Envol et Macadam. Pour ma part, je prends la direction du Scanner The Mockin’ Birds, de Chicoutimi, lance un nouvel album. je rejoins des potes regroupés autour d’un ordinateur. 7 d’entre eux sont en train de s’acheter des billets pour le show de The Sounds du lendemain à Montréal. Ils s’enlignent pour un solide doublé de mini-shorts! Ah oui, les Mockin’ Birds étaient pas pire itout. Ils s’en viennent justement lancer leur album à Montréal le 26 septembre au Quai des Brumes.

Bad Religion
Le lendemain, Envol et Madacam se termine en beauté avec Bad Religion et Despised Icon, mais la meilleure, c’est que j’ai un imprévu de taille et que je manque la fête. Caca. Mais un ami a filmé quelques bons moments et les a mis sur sa page Youtube.

Peu importe, j’en ai vu assez pour comprendre qu’Envol et Macadam est un incontournable à encercler bien gras dans le calendrier des festivals au Québec. En constante évolution, l’événement a rassemblé un nombre record de 25 000 festivaliers cette année. Oh non, on a pas fini de nous surprendre sous l’autoroute Dufferin…

Autres photos du festival disponible sur le site de Francis Gagnon

6 commentaires

Ultra Absorbant

Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

À propos