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Ultra Absorbant

Retour sur le show de The Butthole Surfers (1er octobre 2009)

Marc-André Savard
2 octobre 2009

The Butthole Surfers, Lullabye Arkestra et Nutsak
à l’Olympia de Montréal
une présentation de Pop Montréal, Greenland et GEG

Y EST OÙ LE GARS AVEC UN JERSEY DE PLEKANEC?

L’Olympia a beau avoir été construit en 1925, j’y ai jamais mis les pieds. Pas assez crasseux comme endroit pour faire partie de mon circuit habituel de salles de spectacles faut croire. Planchers de bois impeccable, vaste hall d’entrée, ambiance somptueuse, staff sans tattoo, difficile à croire que je m’y retrouve ce soir pour y voir les têtes brûlées de Butthole Surfers. Comme si les Foufs présentaient Laura Fabian

L’événement mérite effectivement d’être souligné en grand. À en croire un duo de vieux de la veille à mes côtés, on attendrait le retour en ville de ces dérangés notoires du rock underground depuis plus de vingt ans. À l’époque, le groupe abusait du LSD et était particulièrement imprévisible. Les rumeurs veulent que, malgré la cinquantaine, la sobriété n’est toujours pas un objectif des Surfers. Leurs vieux fans en quête de sensations fortes sont donc toujours au rendez-vous en compagnie de toute une nouvelle génération. C’est pourquoi on croise ce soir plusieurs têtes grises dans un état second espérant surfer sur la fameuse vague psychédélique qui a fait la renommée du groupe. Au milieu de cette foule bigarée, des plootz en minijupes donnent des shots de Jagermeister en faisant faire un tas de niaiseries en échange d’une calotte ou d’un tattoo temporaire. Bel effort le commanditaire, mais mets-moi devant une craque de boule longue comme le Grand Canyon, j’vais toujours penser que ton produit goutte les chiottes. À cheval donné, on lui regarde pas le bide. Slurp!

Nutsak, de Montréal, est le premier à faire résonner la vaste Olympia à moitié rempli. Mission accomplie, ça résonne… beaucoup trop en fait. On distingue rien de la bouillie de notes garochées par le quatuor rock jazz. Personne dans le band est toutefois un Failed Musician, comme le laisse croire le titre de leur dernier 7”, mais faudrait assurément mieux doser la charge.

Lullabye Arkestra, un duo de Toronto formé d’un batteur et d’une bassiste,  rajoute une couche de crasse: Un drums gras et une basse frite, qui rappele les Melvins ou Kylesa. Pas mal loin de la berceuse ou de l’orchestre… Leur dernier album, Threat/Worship, vient de sortir chez Vice.

Bon, astheure, c’est le temps de planer, planer solide. The Butthole Surfers, le regard agard, comprennent le message et envoie dès le départ une demi heure de leur matériel le plus psichédélique. Le buzz est intensifié par trois grands écrans sur lesquels ont projettent toutes sortes de vidéos, comme si Youtube vomissait son plein contenu en format géant. À l’arrière, Tereza Nervosa, une percussionniste de retour avec les Surfers depuis l’an dernier, bat la mesure en pyjama, l’air béat. One Flew Over the Cuckoo’s Nest, ça vous dit quelque chose? C’en est trop pour un gars au jersey de Plekanec à mes côtés qui semble voir son visage fondre (!) et qui quitte l’avant-scène comme un zombi…

Quelques neurones brûlées plus tard, Butthole Surfers joue plus de rock soutenu, ce qui permet à quelques amateurs…de surfer, littéralement (Gneuh). Bodysurfing, j’veux dire. (ahhh). Rien pour réjouir deux bouncers sur la scène. Ironiquement, c’est par soucis de sécurité qu’ils empêchement les danseurs d’aboutir sur scène, mais c’est en les rejettant dans la foule avec  une force exagérée qu’ils créent eux-même le danger qu’ils tentent d’éviter. Devant tant de zel,  les roadies se tapent sur les cuisses en coulisse…La soirée se termine néanmoins sans accrochage par le succès Who Was In My Room Last Night, qui reçoit le meilleur accueil de la performance, malgré une sono de trou d’pet.

Un trip de 23 chansons qui a semblé valoir les 35$ investis selon les fans. Pour ma part, je suis resté tiède devant un groupe plutôt ramoli, aussi généreux soit-il.  Mon prob, j’aurais dû mettre plus d’acide dans ma bière. Y est passé où le gars avec un jersey de Plekanec?

Prenez note que Dinosaur Jr, qui devait être de la partie ce soir, sera de retour le 23 janvier prochain au Club Soda.

Set list de The Butthole Surfers, en ordre:
Something
100 Million People Dead
Fast
Suicide
Rocky
Pittsburg To Lebannon
Bar-B-Q Pope
Cowboy Bob
Dum Dum
Negro Observer
Bong Song
Hey
Creep In The Cellar
I Saw an X-Ray of a Girl Passing Gas
Goofy’s Concern
2 parter/Tornadoes
Dancing Fool
Gary Floyd
Human Cannonball
Who Was In My Room Last Night

Rappel:
Jimi
Shah Sleeps In Lee Harvey’s G.
Comb

4 commentaires
  • Kristof G.
    3 octobre 2009

    La percussionniste, j’étais certain que c’était un gars! Ah! Trop sexy, faut croire :) Moi j’ai bien aimé le gros trip psychédélique tout croche de cette bande de vieux punks finis, et leur projections débiles, mêlant réelles atrocités et bout de séries B! Yeah!

  • Martin le mutant
    14 octobre 2009

    Si j’avais encore des cheveux, j’aurais été de ceux avec des tempes grises. Moi aussi j’ai beaucoup aimé.

    Mais je me pose cette question: d’où vient cette setlist? C’est juste pour savoir jusqu’à quel point je peux m’y fier.

  • Mike Savard
    14 octobre 2009

    Le setlist est une retranscription exacte de la feuille qui était au pied du guitariste donc, si le band s’y est fié, la marge d’erreur est pas mal faible.

  • [...] avait un billet du médecin. La génération X avait dû guérir le bobo en se pétant la fasse pendant Butthole Surfers à la place et s’armer de patience en attendant le retour de leurs vieux [...]

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Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

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