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Ultra Absorbant

8 critiques de disques

Marc-André Savard
22 décembre 2009

Pour finir l’année, y a pas de tops de mon côté mais une batch de critiques en vrac de disques qui ont abouti sur mon bangbang bureau au fil des derniers mois. Les groupes qui envoient encore des disques aux médias en 2009 sont pas mal gentils alors c’est la moindre des choses de leur accorder quelques mots, même si ces derniers ne sont pas fins fins…

Légende des cotes:
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: J’ai pas pu écouter le disque, y est pété, (ou y aurait du l’être)
1: Caca, prout
2: Écoutable mais j’me ferai jamais tatouer la pochette sul l’chess
3: Bon goût, avec un givrage sucré
4: Bosse din culottes
5: Tabarnak


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Priestess
Prior to the Fire
Indica

Après tous les hebdos, Klimbo pis les joe-blows, c’t'à mon tour de me prononcer sur cet album. Mikey, le rutilant chanteur, avait bien préparé le terrain en annonçant un deuxième album moins conventionnel que Hello Master, mais qui s’attendait à un essai aussi mature et percutant? Avec Prior to the Fire, Priestess peut tenir tête à Mastodon et son Crack The Skye dans le firmament du meilleur rock puissant de l’année. Si jamais les deux groupes partagent la scène de nouveau, 5$ que le nom de notre cher band local va être plus gros que sur ce fabuleux poster qui décore mon salon…
4 étoiles sur 5

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Le Vent du Nord
La part du feu
Borealis

On connait bien le trad festif de la Bottine Souriante, celui qui fait tasser les tables et les chaises dans la cuisine et qui fait swinguer la parentée. Par contre, on connait moins celui de Le Vent du Nord; un trad qui se veut plus solonnel – presque institutionnel – et truffé de références historiques. Oubliez les images de partys arrosés et de mononcs chauds. La part du feu, 5e album du groupe, c’est d’abord comme un patriarche qui raconte notre Histoire par devoir de mémoire (Lanlaine, Octobre 1837) qu’on écoute captivé, sagement assis sur une chaise de bois. Ben sûr, ça reste du trad alors l’esprit de la fête n’est jamais bien loin; des pièces comme Les métiers et Mamzelle Kenedy nous le rappele. Un album d’une rare qualité, à la production impeccable, sur lequel quatre chanteurs multi-instrumentistes sont au sommet de leur art.
4 ceintures fléchées sur 5


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The Takers
Taker easy
Suburban Home

The Takers est un groupe country de Gainesville…en Floride. Ça aurait plus fité de voir ce groupe provenir de la ville du même nom en Alabama, mais non, ça l’air que je connais mal mes States pis que tu peux jouer du country en Floride. Pis du bon à part ça: Taker Easy, premier album de The Takers, en est la preuve. Un coup que tu as apprivoisé la voix du chanteur (style cowboy qui chante à TNN), tu découvres des petits bijoux de rock du sud comme St. John’s Son et Bitter Holiday.
3.5 slides de guitare sur 5


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Fred Fortin
Plaster la lune
C4

Quand Fred Fortin fait une job de plâtre, on sait que ça sera pas parfait. Va avoir des bouts où ça dépasse pis des traces de truelles. La job serait refusée par un entrepeneur qui bâti des condos su l’plateau, mais les boss aux fesses moins serrées apprécierait le motif unique créé par l’ouvrier. Plastrer la lune, c’est des tounes simples, mal léchées, pas sablées. Rien de génial mais uniques, du Fred fidèle à lui-même. Mention spéciale à Martin Bureau qui apporte une magnifique couleur à Plastrer la lune avec ses pinceaux, comme il l’avait fait sur Planter le décor.
3 voyages de pêche au Lac sur 5


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No Friends
s/t
No Idea

Quand Tony Foresta, chanteur de Municipal Waste fait sécher sa froque de jeans entre deux suitants concerts, il explore d’autres avenues avec No Friends. Il demeure cependant encore dans ses chères années ’80. Sauf qu’ici, il n’est pas question de faire revivre le thrash, mais bien le hardcore mélodique du milieu de cette décennie. Si t’aimes Milo et le vieux Descendents, les chances sont bonnes que No Friends vient de se trouver un nouvel ami.
2.5 circle pits sur 5


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Fall From Grace
Sifting Through the Wreckage
Bodog Music

L’habit fait pas le moine, j’sais ben maman, mais crime, c’est dur de mettre un album dans son lecteur de façon impartiale quand les gars sur la pochette se la joue «émotive» et que y a un sosie de Billie Joe Armstrong qui te fixe tout triste. Encore plus quand tu sais que le groupe a remporté une télé-réalité (Battle of the Bands sur FuseTV). C’est ça qui est arrivé quand j’ai fait tourner Sifting…, le 3e album de Fall From Grace: J’ai attendu la première note les yeux plissés, les dents serrés…pis j’ai lâché un soupir. Ah, c’est pas mal moins pire que je m’attendais. On a affaire ici à du punk épique à la My Chemical Romance, bien composé et produit. Du moins, au début (Hated Youth, King Of Lies) parce que j’ai un peu trop l’goût de me tracer une larme en eyeliner sur des chansons comme The Sickness ou I Can’t Win. Quand même, on achète la paix avec Pet Semetery (Ramones) à la fin. Ça clanche Delta20.
2.5 Rémi-Pierre Paquin sur 5


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Chris Velan
Solidago
Indépendant

Choucou au dernier Festival de Jazz,  le Montréalais Chris Velan pouvait pas espérer meilleure tribune pour présenter son 3e album Solidago: Du beat smooth d’été parfait pour faire tanguer les poussettes dans le quartier des spectacles. Comme du Jack Johnson sauf qu’au lieu d’aller surfer sur les vagues d’Hawaï, Velan est allé bourdonner en Afrique de l’ouest. J’connais pas le coin (Amigo Express se rend pas là-bas) mais l’escapade semble avoir orienté Velan vers des horizons plus rock que son homologue hawaïen.
2.5 pina colada sur 5


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Rum Runner
What’s The Music Mean To You?
Stumble

En 8 ans, Rum Runner, de Calgary, a sorti 3 albums dont celui-ci, le petit dernier. 8 ans, c’est pas rien mais malheureusement, toute l’expérience qu’on imagine aquise ne s’entend pas sur cet album. What’s The Music.. est une collection de pièces punk folk qui rappele Dropkick Murphys autour de 1999, mais sans le talent de composition. Rum Runner est un bon band local mais j’pense pas qu’il va avoir à envoyer des pleins camions de ce disque au-delà des Prairies…
2 shots de Jameson sur 5


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The Ramblers
Bad Boys of Blues
Indépendant

Y a une tonne de Ramblers. Là, il est question de celui de Montréal (ça pourrait être chien pour les autres de confondre…) Tsé, colle-toi l’étiquette de bad boy si tu veux, mais shit, soit mauvais, fais-moi pisser d’peur. The Ramblers cite les Rolling Stones comme principale inspiration, mais l’élève est loin du maître. On sent bien l’influence de Jagger, du blues et du rock’n’roll mais l’album laisse un goût tiède et kitsch insoutenable, à cause entre autre des paroles minables (C’est en famille, Hey kitty kitty); de la vraie moulée de Mc Gilles! Un album aussi bad que la fille qui se montre presque les boules dans la pochette.
1.5 Keith Richards sur 5

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Dennis William Lee Trio
Somnambulist Love
Indépendant

Si on obligeait le comité qui accorde les subventions du programme Jeunes Volontaires à écouter en boucle tous les disques qu’ils ont accepté de financer, il pleuverait des fonctionnaires des tours à bureaux. Somnambulist Love serait dans la liste des responsables. La pièce titre en intro laisse présager de bons moments, mais la voix de Dennis William Lee et sa façon linéaire de terminer chaque phrase rend fou. Ça a beau être du folk acoutisque ben tranquille, j’vous averti, ça peut rendre violent.
1 mal de tête sur 5

2 commentaires

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Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

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