BangBang : bangbangblog.com

Ultra Absorbant

Retour sur le show de Tim Barry et Chuck Ragan (5 février 2010)

Marc-André Savard
8 février 2010

PLEIN À RAZ-BAR

Voir un show dans un bar vide, ça arrive souvent. Dans un bar plein, ça arrive à l’occasion. Mais qui déborde comme le Quaie des Brumes le 5 février dernier, c’est exceptionnel. J’en ai encore les nipples à vif à force de m’être frotté contre mes compatriotes pour me frayer un chemin jusqu’au bar. Pourquoi tout ce monde s’était réuni? Deux des meilleurs punk-ramolis-à-guit-sèche étaient de passage sur la même scène: Chuck Ragan et Tim Barry.

On peut ben s’obstiner à savoir si le punk est mort ou non, mais chose sûr, le folk lui botte le cul. Pour suffir à la demande, l’organisation a dû produire le concert deux fois le même soir: Sur l’heure du souper à l’Esco et en fin de soirée au Quaie des Brumes.  Un concert à guichet fermé où il est pourtant très facile de shifter les gars à la p’tite caisse et d’entrer gratuitement. J’ai testé juste pour le kick mais j’avais mon billet en poche. (Sti que j’vis dangereusement…) Toujours est-il que la capacité légale du Quaie des Brumes est dépassée depuis la veille et qu’on se retrouve vite avec des pwels de barbe du gars d’à côté dans sa pinte.

Dave Hause, de The Loved Ones, ouvre la soirée en solo avec sa guit sèche. Keep your Heart de The Loved Ones est un p’tit bijou en soi. Le talent de compositeur et la voix de Hause y sont pour beaucoup. Jouées déployées, la qualité des chansons de The Loved Ones sont encore plus évidentes. L’arrivée sur scène de Chuck Ragan pour la dernière chanson soulève les bras et les premières pintes de la soirée se fracassent sur le sol. Du côté du setlist, le meilleur de The Loved Ones, évidemment, mais aussi plusieurs covers. J’ai oublié lesquels, trop occupé à me demander quelle couleur de la 4e réimpression du premier ep de The Loved Ones j’allais acheter…

Détail dont on se contrecalisse: J’ai finalement opté pour le orange fluo limité à 250 (mais le turquoise me tentait itou)

Cavaliers!, un band de l’Ontario, amène la soirée vers quelque chose de plus amplifié mais pas nécessairement meilleur. Sur un line up d’une telle qualité, on a hâte que Cavaliers! cède la place. Encore plus quand le bassiste arbore une calotte rouge du Canada…C’tu fais là toé?

Tim Barry a visiblement chaud au coeur en voyant le bar aussi plein et il commence en force avec Dog Bumped. La foule s’époumone dès la première ligne. Une telle réaction fait vite oublié à Tim Barry qu’il s’est cassée la main sur la face d’un gars à Ottawa quelques jours avant. La rumeur raconte qu’un sympathique jeune homme aurait crié à Barry de se fermer la gueule et de jouer pendant que ce dernier dédiait une chanson à un ami qui s’est suicidé quelques jours plus tôt… Y a des blessures qu’on doit moins regretter que d’autres.

Barry est un gars charismatique qui ponctue son show de remarques inspirées et inspirantes: Au top se trouve «J’ai pas peur de mourir, mais de ne pas vivre…» ou encore «Allez pas au collège ni à l’université, ça donne rien!» Ouais, ok, ptête moins profonde celle-là…mais honnête. Parce que Barry est authentique et conte pas de bullshit. «Je viens juste de sortir un abum, mais j’ai pas l’goût d’en jouer une calisse de celui-là à soir» Pas d’troub, man, envoie-nous Rivanna Junction à la place. Au pire, tu reviendras nous présenter le nouvel album en question quand tu veux! (28th and Stonewall si tu demandes le nom)

Quelques autres pintes se pètent en attendant Chuck Ragan. On dirait qu’on a renversé un container de Rice Krispies dans le bar. Cric crac croc burp. Ragan, accompagné du violonniste de Cavaliers! (un sosie de Rob Zombie), envoie lui aussi un gros canon dès le départ: The Boat. C’est parti pour près de deux heures de folk d’une rare qualité devant des fans survoltés qui s’tiennent par la nuque. Le sublime album Feast or Famine y passe au complet (Un moment fort qui dure une heure, ça s’peux-tu?) sans oublier le meilleur de Gold Country.

Ceux qui ont manqué cette soirée peuvent déjà s’en mordre les doigts jusqu’aux épaules.

Pas encore de commentaire.

Ultra Absorbant

Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

À propos