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Ultra Absorbant

Fourrer la tête dans le sable

Marc-André Savard
26 février 2010


Photo prise sur Cyberpresse.ca

Pour freiner la hausse vertigineuse du nombre de ITS chez les jeunes, le ministère de la Santé et des Services sociaux a mandaté l’agence Cartier Communication afin de réaliser une campagne choc. L’offensive comprend notamment une affiche sur laquelle on voit des jeunes, les culottes baissées, leur p’tits jardins secrets cachés par des slogans tels que «Très souvent, la chlamydia ne se voit pas». Un audacieux petit coup de génie qui ne tombe pas dans la provocation gratuite. Je croyais que tous partageait mon enthousiasme…

Pourtant, hier, j’écoutais la télé et entre deux matchs de curling, j’ai tombé sur des têtes grises qui s’offusquaient des affiches. «Elles incitent les jeunes à se baisser les culottes» dira un homme dans la cinquantaine. Ok, l’père. Ton jeune a peut-être aucun cours de sexualité à l’école mais il se baisse sans doute les culottes depuis un bail. Sauf que sans éducation sexuelle (les abeilles, les fleurs pis tout là), y a ben des trucs qui lui échappent. Sur son laptop, c’est plus facile trouver une fille qui suce et avale – sans protection – qu’un couple qui se french. C’t'un bon début pour se retrouver les bobettes pleines de vie, non?

Faut donc mettre un frein à la propagation de ces indésirables petits amis. Pour ce faire, on doit avant tout dire les choses telles qu’elles sont: T’as p’tête poigner de quoi, le jeune, avec la p’tite voisine qui a l’air clean même si ton engin est encore tout rose. Tes parents t’ont p’tête pas prévenus, ils sont probablement dépassés par toutes ces maladies qu’ils avaient pas dans «leur temps» et ignorent sans doute l’explosion des ITS qui sévit en ce moment chez les 18-24 ans (pas nécessairement chez les putes gaies punks ex-détenues) Dans une telle situation, une campagne comme celle de Cartier s’impose. La génération poivre et sel aime se gargariser avec notre chère audace québécoise et bien quand elle en a un exemple aussi éloquent, elle devrait décrocher de Céline, aller au-delà d’une paire de bobettes un peu trop basse et essayer de saisir le message. J’crois pas que j’aille un gros lectorat chez les baby boomers alors je prêche sans doute à des convertis, mais  ça me met en p’tit Jésus de plâtre de voir cette génération  mettre la tête dans le sable une fois de plus (on se souvient de la crise des distributrices de p’tits chapeaux dans les toilettes des écoles secondaires…)

Nouveau magazine Infopresse
Pour en revenir au talent créatif, il est important de le souligner parce que c’est la pub et le design réalisés avec talent qui ajoute à notre environnement de tous les jours. À propos, la remise des Prix Grafika a eu lieu récemment et visait à récompenser les meilleures créations en design graphique au Québec. Le magazine Infopresse (qui a fusionné le mois passé avec le magazine Grafika) a consacré le premier numéro de sa nouvelle vie au concours. La nouvelle identité de la STM (créé par Sid Lee) a reçu le Grand Prix. Mais tant qu’à être sur un blog de culture émergente, soulignons donc le talent de nouvelles figures dans le milieu, comme Baillat Cardell et Fils (Grand Prix en motion design pour le clip de Jeudi, 17 mai d’Arianne Mofatt) et /480 (Grand Prix pour son emballage des bières de la Microbrasserie de l’ïle d’Orléans).

Le magazine Infopresse vient également de publier la 19e édition du Guide Annuel 2010 des Entreprises et services de communication du Québec, ou pour faire ça court, le Guide COM. Une bible attendue à chaque année qui regroupe aussi bien les designers encore tout frais sortis de l’école que les grosses boîtes internationales. Designers graphiques,  publicitaires, tout l’monde est là!

Le numéro du magazine Infopresse consacré au Concours Grafika est présentement en kiosque (14.95$)tout comme le Guide COM 2010 (32.00$)

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Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

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