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Ultra Absorbant

Vive les plans de neille!

Marc-André Savard
20 juillet 2010

Quand on est jeune, on a tous des plans de neille. On commence par se fixer comme but de se rentrer 13 napkins dans la gueule pour faire rire ses chums puis caller une Colt 45 dans un tuyau de balayeuse sans vomir. Un peu plus vieux, les horizons s’élargissent; Y en a qui partent un été en Europe ou en vélo au Nouveau-Brunswick rien qu’su une gosse. D’autres vont virer à Philadelphie en char voir jouer un band inconnu… Peu importe de quoi il s’agit, on réalise notre trip parce qu’on a pas encore d’attache; On se fout de ne pas rentrer le lendemain matin à sa job de crève-faim et notre copine n’est probablement pas la femme de sa vie. L’important, c’est de vivre.

La majorité des gens garde cette attitude-là jusqu’à la fin des études, soit vers la mi-vingtaine. À partir de là, ça devient du sérieux. C’t'une période charnière. La job qu’on se poigne est souvent notre «vraie job», celle pour laquelle on étudiait. Le bon salaire et les avantages sociaux créent une sorte de pression sociale et on a tendance à reproduire le modèle parental; On commence à magasiner un char, un condo, p’tête même une maison. L’horloge de la copine sonne; ça parle d’avoir un kid, des meubles qui fittent. Tout déboule vite et c’est pas long que plusieurs perdent de vue leurs rêves de ti-culs. Ils y reviendront peut-être dans 35 ans, à leur retraite, s’ils sont pas déjà dans une p’tite boîte en bois verni.

Là où je veux en venir, c’est bien simple: Le hasard a fait en sorte qu’un peu trop de gens qui m’étaient chers sont décédés depuis quelques années.  Dans le lot se trouvent 3 amis victimes coup sur coup de bad luck: Lundi passé, mon chum Ben et sa copine étaient sur la 138 à St-Tite-des-Caps. Un chevreuil a surgi des bois et leur a fait perdre la maîtrise du véhicule qui s’est retrouvé direct dans un poteau de téléphone. Ben est décédé à l’hôpital…drette comme ça, en un éclair. Heureusement, sa copine s’en est sortie indemne.

Si la mort a un avantage, c’est de démontrer la fragilité de la vie. (aussi fromagé que ça puisse sonner). On le comprend uniquement quand sa faux te frôle la face et qu’elle s’abat près de nous. Ben était un sacré vivant, un gars qui n’avait pas mis ses projets de ti-culs en veilleuse même si la grosse job et le condo s’en venaient. Il jammait dans un band de pwel et au moment de la collision, il était encore sur un high du show de Maiden…

Au moment où j’écris ça, un autre chum fait présentement le tour des États-Unis avec sa copine en fourgonnette. Il a mis sa carrière sur la glace pour un an et s’est acheté un camion Safari afin de vivre son trip. C’était ça ou une maison…Y a choisi le plan de neille, et je lui lève mon chapeau.

En fait, ce billet a pour but de saluer tous ceux qui n’attendent pas pour vivre leur passion parce qu’on ne sait jamais quand la vie va faire poper un chevreuil dans notre face…Ça peut être demain, dans 30 ou même dans 100 ans. J’sais pas mais j’préfère pas prendre de chance pendant que j’pète le feu…

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Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

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