BangBang : bangbangblog.com

Ultra Absorbant

Osheaga: Jour 2 (1er août 2010)

Marc-André Savard
2 août 2010


Jon Spencer Blues Explosion – Photo par Greg Leblanc

Retour sur le deuxième jour d’Osheaga (1er août 2010)

En ce deuxième jour oshéagien, Bangbang envoie des forces fraîches; l’équipe masculine composée de moi et Alexis. Sous un soleil de plomb, faut d’abord huiler la machine: J’m'en vais siroter une Bud à saveur de plastique sur la colline pendant qu’Alexis se start à frette et préfère explorer le site. Vaillant soldat, mais on ne se reverra pas de la journée. Qu’est-il devenu? Trempé de sueur froide, j’ai les yeux rivés sur son blogue, impatient de l’apprendre…

Voici en attendant mon rapport de mission.

THE GASLIGHT ANTHEM
La journée commence réellement aux alentours de 15h00 avec The Gaslight Anthem. La bande d’un très souriant Brian Fallon est là pour nous présenter American Slang, leur petit nouveau. Évidemment, on y consacre la majorité du setlist cet après-midi. Pas une déception en soi car il s’agit d’un bon album, mais il est nettement inférieur au précédent, The 59 Sound. Faut donc pas se surprendre si ce sont les chansons de cet album qui reçoivent le meilleur accueil et que tout le public entamme en choeur. Même si Gaslight Anthem ne s’est formé qu’en 2005, il est déjà un groupe culte pour plusieurs. Fallon semble enfin s’être rendu à l’évidence; On se souvient que lors du premier passage du groupe en ville l’an dernier, il était littéralement dépassé par l’énorme sucès de The ’59 Sound et ne croyait pas ses yeux de voir beaucoup de gens connaître ses paroles!

Setlist Gaslight Anthem
American Slang
Boxer

The Diamond Church Street Choir
Old White Lincoln
Even Cowgirls Get The Blues
Bring It On
The ’59 Sound
The Queen Of Lower Chelsea
Stay Lucky
The Backseat



Gaslight Anthem – Photo par Tim Snow

On retourne se mettre un peu à l’ombre sur la colline pendant que joue Arianne Moffatt. On fait tous une face de marmotte surprise par un coyote quand elle reprend Paper Planes de MIA. Choix étonnant en formule festival de la part d’une artiste établie qui a quelques albums à son actif…

THE BLACK KEYS
Le blues rock des Black Keys est populaire en chien et p’tête qu’ils en sont un peu victimes aujourd’hui; The Black Keys jouent sur une scène principale devant une foule considérable…en plein après-midi. Pas les conditions idéales pour la musique enfumée des Black Keys, qu’on aime écouter dans un contexte plus modeste…Bref, le blues, c’est dans les bars que ça s’voit!

WE ARE WOLVES
Parlant de scènes plus modestes, on va enfin faire un tour du côté des deux scènes secondaires situées au-delà du ponceau. Sur le chemin, on croise le DJ set de Major Lazer au Piknic Électronik. J’connais rien au genre mais si j’peux dire quelque chose sans trop me fourrer, c’est que ce gars fait lever le party solide. J’suis par contre pas mal trop sorti de ma zone de comfort et une chance qu’on me refile une bonne shot de gin pour m’aider à encaisser le choc… Sérieusement, tant mieux si la formule du Piknic en plein Osheaga lève, mais les retours de son (pis le perpétuel boum boum) fait echo jusque devant les scènes secondaires. C’pas si pire quand le groupe qui joue est loud mais quand ce sont des chanteurs folk comme Frank Turner ou Tim Barry, ça brise un peu le moment d’entendre des sons de Mario Bros entre deux tounes…

Enfin, pour l’instant c’pas la puissance sonore qui manque puisque We Are Wolves est sur scène. Le trio s’mouille pas trop et envoie le meilleur des deux albums qu’un peu tout l’monde commence à connaître…mais dont personne semble se lâsser. Comment veux-tu t’écoeurer de Fight & Kiss, Magique, Coconut Night ou Holding Hands?

Anecdote orange:
Le matin, pendant qu’on était quelques-uns à se préparer pour la journée, j’ai niaisé mon frère parce qu’il apportait un sac de p’tites carottes à Osheaga. Encombrantes et pas soutenant une seconde  que je lui disais. Eh bien sur le plancher de We Are Wolves, un inconnu est tout bonnement venu lui offrir, non pas une puff ou une gorgée de fort…mais bien des p’tites carottes! Quelqu’un connait les probabilités que deux trippeux de p’tites carottes se rencontrent sur un plancher de danse dans un festival rock?

Tant qu’à être dans le rayon des fruits et lègumes, je salue au passage les alternatives végétaliennes offertes à Osheaga. On peut notamment s’acheter plusieurs fruits à 1$/unité et la compagnie Sabra donne des échantillons d’hummus (qui fittent si bien avec les susmentionnées p’tites carottes!). C’est par contre un bien mauvais jour pour être vegan. Voyez-vous, aujourd’hui, je découvre la pizza en cône (5.25$); une sorte de Drumstick rempli de fromage et de pepperonni. L’Homme est vraiment capable de grandes choses quand il s’y met…[reniflement émotif]

SNOOP DOGG
Depuis le début de la journée, on entend ce nom-là à la grandeur du site. J’suis pas un fan du personnage et j’connais bien peu de chose au hip hop, mais let’s go pour aller voir Snoop jaser de weed et de putes. En intro, on remarque qu’un «vrai» band complet accompagne Snoop Dogg (+1 point) qui fait son entrée sous la pièce classique Carmina Burana (de Carl Orff). Oui, c’est pratique d’être accompagné par un frère qui est passé à  Génies en Herbe…

À la dernière mesure de la pièce, Snoop Dogg dévoile aussitôt ses vraies couleurs: «Does anybody smoke weeeeed?» S’en suit des milliers et des milliers de bras dans les airs. Oh oui, les gens attendaient que Snoop Dogg fasse lever le party! Pis j’pense que tous sont comblés de voir qu’il envoie les plus gros hits! Si moi j’peux reconnaître des chansons de Snoop Dogg, c’est signe que ça a dû jouer un peu à la tivi ou dans les bars…

JON SPENCER BLUES EXPLOSION
Je coupe court à mon baptème hip hop pour retourner en terrain connu: le bon vieux rock. Jon Spencer se charge de me ramener dans le droit chemin avec sa Blues Explosion. Puisque la fatigue a fait péter au frette Deadmau5 la veille à Toronto, le Blues Explosion se retrouve avec une prestation de 1h15! Oh yeah! En plus, on a droit à du Spencer en pleine forme et au meilleur de ce projet (comme Sweet’n'Sour ou She Said) incluant même plusieurs solos de teremin! Spencer est ben bon dans son projet rockabilly Heavy Trash, mais c’est vraiment dans son Blues Explosion que tout son talent et sa fougue sont révélés…

DEVO
Bon, Weezer et Devo jouent en même temps. Qui voir? Après avoir péser le pour et le contre, on opte pour la performance plus visuelle des sexagénaires de Devo  (bien que la majorité du public opte pour Weezer). J’pourrai pas gueuler ma rage adolescente sur Say It Ain’t So mais j’regrette pas mon choix une seconde: Devo assure sur toute la ligne et les bonhommes peuvent porter encore fièrement leurs pots à fleur sur la tête!

Les gars de Devo se pointent sur scène en kit gris comme sur la pochette du nouvel album devant un immense écran vidéo. La première portion du spectacle est new wave mur à mur: 3 des 5 gars  sont derrière les claviers (un autre derrière le drums et un autre à la guitare). Pas très organique (même si le drummer a un sacré impact!). En plus, tout c’beau monde bouge comme des automates! Sans doute pas le gars le plus new wave sur le site, j’suis surpris à embarquer dans l’trip mais faut dire que les chansons jouées sont assez efficaces, merci: Flesh, What We Do, la méconnaissable Satisfaction des Rolling Stones et bien sûr Whip It avec les célèbres pots à fleur sur la tête).

Ensuite, le trip new wave devient presque punk seventies: L’écran s’éteint et la scène devient sombre. Deux des claviéristes vont ensuite chercher leurs guitares pour envoyer quelques chansons plus musclées sans toutefois perdre leur humour délirant:  Le chanteur Marc Mothersbaugh fera même quelques mouvement de chearleader avec des pom-poms!

En rappel, après plus d’1h de spectacle, Devo envoie Freedom of Choice et Wonderful World chantée par un Mark déguisé en cornet de crème glacée qui décrit une amitié louche avec Michael Jackson (!!!) Est-ce qu’on peut être accusé de pédophilie envers un jeune cornet de crème glacé? J’appele Claude Poirier drette là…


Devo – Photo par Greg Leblanc

7 commentaires

Ultra Absorbant

Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

À propos