BangBang : bangbangblog.com

Ultra Absorbant

Retour sur le festival Envol et Macadam 2010

Marc-André Savard
13 septembre 2010

À 15 ans, t’aimes ben ça déranger l’peuple avec d’la grosse musique méchante qui défrise la permanente des matantes. Pas surprenant pour que sa 15e édition, Envol et Macadam a mis l’accent sur la musique lourde; le genre de programmation qui attire la racaille du Bangbang en basse-ville de Québec…

Mais avant de trop s’exciter le gilet à capuche, analysons le festival; la majorité des 3 jours du festival se déroule sous l’autoroute Dufferin (lieu qui porte le très viril nom d’Ilôt Fleuri) et les soirées se terminent par des petits shows au Scanner et au Cercle. Sur la garnotte de l’Ilôt Fleuri, on a flushé l’une des deux grosses scènes mais on a heureusement conservé la fameuse scène sous un chapiteau. Tant mieux car j’adore l’atmosphère d’un show sous un chapiteau. Ça doit être l’odeur du gazon piétiné…ou la chaleur.

Hummm la chaleur! Parce qu’en ce jeudi soir, c’est presque qu’avec d’la boucane qui me sort d’la bouche que je fais la file pour entrer sur le site (en ayant pas spotté l’entrée des média tu sais ben). La première soirée s’annonce punk rock et l’monde qui écoute ça a du sang de guerrier faut croire. Malgré le frette et le temps gris, plus de 6000 personnes se pointent le premier soir.  Au moins, direct en arrivant, j’entends l’excellente Mastering the World’s Smallest Violin des Flatliners (un band punk rock de l’Ontario) alors ça crinque à endurer le temps de chiotte.

Juste après, c’est au tour de Against Me!. C’pas trop long que Tom Gabel et ses potes réchauffent l’atmosphère à coups de gros hits comme Pints of Guinness Make You Strong ou des chansons du tout nouveau disque White Crosses (bon à s’en couper les manches de t-shirts). Against Me! envoie le meilleur de cet album dont White Crosses, I Was A Teenage Anarchist, Rapid Decompression et Suffocation. Côté météo, y commence à pleuvoir mais il fait soleil dans mon coeur. Woh, j’viens de sonner comme un Calinour moi-là.

Ensuite, c’est Millencolin directement de Suède. Ce soir, c’est quitte ou double dans leur cas; Soit tu trips ou tu sèches: Pour souligner le dixième anniversaire de l’album Pennybridge Pioneers, les gars le joue dans son intégralité. Donc, si c’est parmi tes albums fétiches, t’es heureux comme un skateux dans une piscine creusée vide. Si, comme moi, tu trouves cet album ordinaire, (à part Fox et Penguins & Polarbears, j’sais ben) le soleil dans ton ti coeur se couvre pis la pluie qui tombe de plus en plus fort sur ta tête te gosse…

Par chance, Millencolin a prévu le coup. Après la dernière pièce de Pennybridge Pioneers, il envoie plusieurs vieux hits. La série commence par Mr. Clean, chanté pour l’occasion par Mathias à la guitare (qui souffle 36 chandelles ce soir-même!). On a aussi droit à Story Of My Life, Bullion, Buzzer et Killercrush (non mais y est tu bon rien qu’un peu Life On A Plate!). Heureusement, on met de côté le nouvel album Machine 15. Merci les gars, déjà que vous en aviez joué pas mal l’an passé au Club Soda…

La grosse déception en ce jeudi soir, c’est l’annulation de Cro-Mags «dû à des problèmes au sein de la formation» (selon le communiqué de presse émis par le festival). Avant de quitter l’Ilot Fleuri (viré en bouette), j’vais jeter un oeil sous le chapiteau d’où s’échappe des roulements de bassdrums…

En remplacement de Cro-Mags, on nous sert Blinded By Faith, un band black metal de Québec. Dans le genre, Blinded By Faith est ben correct mais mon manque de hardcore de New York, de chest et de tattoos est loin d’être comblé. Bah, au moins, la nouvelle bassiste porte à merveille ses culottes avec des zippers sur les cuisses. (oui, oui c’est un détail pertinent).

Je termine donc ce premier jour dans un appart pas trop loin de l’ANTI (RIP) armé d’un gros club sandwich et je manque du coup Melissa Auf Der Maur au Cercle (crucifiez-moi pour jeter mes choux aussi gras). Entre deux frites, je lis le numéro 70 du magazine Decibel. Heille, saviez-vous ça que Vinnie Paul est proprio de 5 bars de danseuses et que c’est Glen Danzig qui aurait inventé les vinyls «marbrés»? (non, non tu t’en sacres pas)

La journée du vendredi me passe par-dessus la tête. En tête d’affiche, on offre Cake et le Punk Rock Karaoke. Ben voyons, comment on a pu retenter l’expérience du karaoke après le flop de l’an passé? Sans surprise, il paraît que cette année était guère mieux que l’an dernier alors espérons qu’on aura apris la leçon pour l’an prochain; le Punk Rock Karaoke lève pas à Québec alors investissons sur des «vrais» groupes.

En fait, mon vendredi soir, je l’ai passé chez un couple de potes à Cap-Rouge à déguster l’une des 5976 bouteilles produites du succulent whisky Highland Park édition Earl Magnus et à regarder Hitomi Tanaka courir sur un tapis roulant ((non, pas d’hyperlien, j’ai d’la classe). Méchante soirée mondaine.

Bon, ok, de retour à l’essentiel de ce billet: Envol et Macadam. La journée du samedi est merveilleuse: Soleil, bière, roteux, Hatebreed et Mastodon pis dans l’ordre à part de ça. En après-midi, on regarde quelques-uns des finalistes du concours Envol pour la Relève avoir leurs 15 minutes de gloire (littéralement). Ces 13 finalistes ont en fait «gagner» le droit de jouer à Envol et Macadam (en plus d’une bonne p’tite paie) au cours de soirées d’audition dans des bars.

Dans le tas, y en qui poussent fort (comme Hey Sugar, des francos qui prononcent Québec à l’anglaise (Qouébec) mais le bout d’la marde, c’est Spacemaker, de Québec. Le groupe monte un véritable décor de cirque sur scène (avec canons à confettis, balons géants et trampoline) et la dizaine de membres (!) se présentent habillés en clown. Si tu veux poigner avec une thématique usée comme celle des clowns pyschopates, faut tu y ailles à fond pis Spacemaker l’a compris: Leur premier clip a d’ailleurs été tourné  dans le carrousel des Galerie de la Capitale! Musicalement, ça ressembe à Mr. Bungle et à Slipknot mais on va espérer qu’un des clowns lâche les balounes et se mette à la deuxième guitare à un moment donné, question que la musique soit aussi consistante que le visuel…

Après avoir vu une gang de clowns, je poigne un down:  Criss, Emmure est de la programmation. Comment un band aussi médiocre réussit à se pluguer partout comme ça? Il doit y avoir un département de marketing au complet chez Victory Records sur le cas de Emmure. La musique est mauvaise comme du gros jambon avarié, oui, mais l’attitude encore plus. Le chanteur passe son temps à lâcher de trèèèèèès vilains regards à gauche et à droite. Pas de 2e degré là. Relâche un peu le personnage, mon gars, tu fais peur à personne: tu m’fais penser à Fred Durst et t’as une sorte de bleuet qui pleure tatoué sur la main!

Par chance, Strung Out et son punk hardcore fait oublier Emmure assez vite. Le chanteur se juche dès le départ sur la clôture de sécurité, comme si il trouvait le public un peu trop loin. T’as raison, nous aussi on préfère vous voir sur une petite scène.

Ensuite, c’est le poids lourd Hatebreed qui commence par l’habituelle Everyones Bleeds Now. La fosse s’ouvre immédiatement mais y a pas tant de sang; Que quelques accrochages si typiques aux shows de Hatebreed.  Le choix des chansons est impeccable et on pige dans le meilleur de tous les albums (Empty Promises,  Conceived Through An Act Of Violence, Last Breath, Perseverance, I Will Be Heard, Hollow Ground, Live For This, Doomsayer, This Is Now, To The Threshold, Destroy Everything, In Ashes They Shall Reap …)

Jamey Jasta, au micro, est pas en excellente forme mais l’party est poigné et on assiste sans doute à l’un des shows les plus énergiques (et brutal!) de l’édition 2010.

Pis en plus, à un moment donné, Jasta a fait d’la lumière avec sa main comme ET. maaaaaaalade

Mastodon commence avec quelques-uns de leurs morceaux les plus progressifs (Oblivion, Divinations…). La poussière soulevée par le show de Hatebreed est à peine retombée alors le transfert entre les deux groupes se fait étrangement. Ça aurait mieux glisser avec quelques bons vieux morceaux plus abrassifs en intro (comme March of the Fire Ants et Blood and Thunder qu’on aura finalement à la toute fin). En plus, une sono ordinaire aide pas Mastodon; Tellement que le show se termine avec l’impression de ne pas avoir assisté à une «expérience Mastodon» optimale; Comme aller chez Ashton pis manger autre chose qu’une poutine, genre.

Ma soirée et mon festival se termine au Cercle où quelques groupes se disputent un voyage en Europe dans un concours. Moi, j’ai un faible pour le rock garage des 3D Kids de Québec (pis c’pas juste à cause de leurs lunettes, ok?).

9 commentaires
  • Punk Rod
    13 septembre 2010

    what? spacemaker, des Adicts de 2010 au niveau visuel? Personne ne remplacera Monkey!

  • Tête de plomb
    13 septembre 2010

    Emmure… Ils sont de la tournée de Hatebreed, de là leur présence!

  • Gary
    13 septembre 2010

    Mmmm… pour la première fois que je voyais Mastodon, j’ai vraiment adoré. J’avoue que le son suckait la marde, mais le set-list était parfait, tant qu’à moi.

  • Bean
    15 septembre 2010

    Anecdote du vendredi soir….Je chillais à la Ninkasi vendredi soir et je suis tombé sur le drummer de Flogging Molly. En fait je n’avais aucune idée que c’était lui car je ne trippe pas pantoute sur Flogging Molly, mais la conversation a commencé quand j’ai remarqué que y’avait un manteau du Fuji festival (Japon) donc je lui ai demandé si il était allé et il m’a dit qu’il a joué là. Je le lui demandé pour quel band et il me répond qu’il joue du drums dans Flogging Molly. Donc je lui demande: What the Fuck are you are doin here in Québec City….et il m’explique qu’il vient juste de jouer à Envol et macadam en remplacement de Eric Melvin de Nofx (sa femme accouchait…) dans Punk Rock Karaoke et qu’il est parti veiller tu seul après le show. Il avait pas l’air d’être sûr si il avait trippé ou non….Anyway, je lui demande si c’est les mêmes tounes que l’an passé, il me dit que non et avec une coupe de verre pas mal même) dans le nez je me crinque et lui dit on va jouer à un jeu, nomme moi les tounes m’a te dire le band ahahah…À la fin il m’a lancé un: « Man you know your punk rock very well! » et il a payé une coupe de shooter…bref, on a bien rit, on a jasé Japan, punk…chic type tout de même…Chu sur le bord de me starter un celebrity wall moi!

  • Mike Savard
    15 septembre 2010

    Ahahah après Mike McColgan, tu te fais spotter par Flogging Molly. Tu fais effet auprès des irish punks! Le drummer de Flogging Molly jouait d’la guit dans Punk Rock Karaoke?

  • Bean
    16 septembre 2010

    Ça ben l’air, cé un peu weird comme remplacement….à moins que ça soit pas le drummer, mais cé ce que j’ai compris…faudrait je confirme avec une photo….anyway….

  • Bean
    16 septembre 2010

    je devais être trop chaud….Selon des photos, ça semble le guitariste ou le bassman, je sais pas j’ai checké vite vite des photos sur le web….bref cé le maigre tatoué avec une casquette working class! Oi ostie! Ça aurait plus de sens! Dossier clos!

  • Mike Savard
    16 septembre 2010

    Ah ok! Ça devait être Nathen Maxwell, le bassman de Flogging Molly. Maigre, toujours de quoi su a tête, tattoos (bateau sur la main). Y a un projet solo folk si ça te tente…mais c’pas vargeux ahahah

  • Bean
    17 septembre 2010

    Oui cé lui!

Ultra Absorbant

Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

À propos