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Ultra Absorbant

Retour sur le dernier concert de Despised Icon

Marc-André Savard
6 décembre 2010

Despised Icon
le 5 décembre 2010 au Club Soda
avec Oceano, Ion Dissonnance et Acacia Strain
Une présentation de Extensive Entreprise


Sti que j’me connais. La veille du show d’adieu de Despised Icon, mon orchestre et moi donnions un concert pour la fête de deux chums. Je savais que j’aurais la tête dans le cul le lendemain et que je risquais de choker ce dernier tour de piste. Fait que j’me suis acheté un billet la semaine d’avant pour pas pouvoir reculer. Même avec la tête dans un étau, pas d’excuse pour manquer le dernier concert de ce qui est probablement le band métal québécois le plus important des dernières années.

On va passer vite les premières parties si vous le voulez bien. Pas qu’elles étaient mauvaises mais l’émotion risque de me faire chirer dans ce billet-hommage alors on va couper court sur le superflu. Quand même quelques mots sur les premiers groupes: Oceano a dû annuler le spectacle pour une urgence familiale, Ion Dissonnance est bon et Acacia Strain est rendu foutuement puissant et s’améliore de fois en fois.

Juste avant la dernière salve de Despised Icon, JF et Dave (les deux promoteurs chez Extensive Entreprise) sont montés sur scène pour remercier la foule pour les deux concerts d’adieu à guichet fermé et pour rendre hommage à Despised Icon, évidemment, mais aussi à Tonny Potvin Grondin, guitariste de End of Crisis, décédé il y a quelques semaines. Annoncer un décès dans un party, ça peut casser un peu le vibe mais JF explique que puisque le métal est une grande famille, on doit partager les joies comme les peines. En effet, c »est une maudite grande famille. Je suis toujours étonné de voir à quel point la scène métal montréalaise est en santé…et jeune! Ce soir, la moyenne d’âge doit friser le 20 ans. Si la pyramide pointe ainsi vers le haut, c’est en grande partie à cause de groupes comme Despised Icon. Ok, j’attends un peu pour envoyer les fleurs….

Évidemment, Despised Icon donne tout lors de ce fameux concert qui semble ressembler à celui de la veille (à en lire Étienne): Un mélange de tous les albums et quelques chansons avec le line up original (dans le temps où Steve partageait le micro avec une certaine Marie-Hélène). Y a de l’émotion sur scène et de l’intensité sur le plancher. C’pas trop long pour que ceux qui bougent pas se retrouvent plaqués aux murs. Le traditionnel mur de la mort est remarquable et tout l’monde s’amuse tout au long du set. Moi aussi je suis sur le plancher mais en tant que photographe, debout sur un banc, parce que Radio-Canada a eu l’exclusivité des abords de la scène. J’ai pourtant essayé d’être de la gang et de me faire passer pour Bernard Derome mais la fille à la table des médias a pas cru à mon imitation. (R’marque que les relents de rhum de la veille m’ont p’tête trahi; j’pense qu’il boit pas ben gros Derome…)

Bon, alors Despised Icon a tiré sa référence sous des aplaudissements nourris, après plusieurs minutes d’accolades sur scène; Comme si le band voulait pas décoller, comme s’il se disait: «Criss, c’est déjà fini. On peut tu rester pis faire des câlins toute la nuit?» J’prédis un concert de réunion un jour…j’le sens, je suis un devin, j’ai déjà joué à Ouija.

Métal bleu
Despised Icon est mort et on peut se demander ce qu’il va laisser comme héritage: Des albums solides, oui, des beats de drums surhumains, aussi, et des shows haut en énergie, évidemment. Mais pour moi, Despised Icon a apporté le métal montréalais et surtout la fierté québécoise francophone jusque sur la scène underground internationale. Alex Erian l’a dit hier devant un immense fleurdelysé projeté sur  un écran: «On a joué partout dans l’monde et partout où on allait, on disait à quel point on était fier d’être Québécois francophones!». Bon, vous allez me dire que Voivoid et Kataklysm ont pavé la voix mais ils sont pu jeunes jeunes et leur public est plus vieux. Despised Icon est sans doute l’un des groupes qui a le plus fait prendre conscience à la nouvelle génération de pwels qu’on pouvait être très méchant…en français.

La majorité du catalogue de Despised Icon est néanmoins anglophone et faut pas se leurrer, le groupe n’aurrait pas atteint les sommets si ça en avait été autrement. Par contre, plus ça allait et plus il intégrait du français à leur matériel et des fleurs de lys sur leur t-shirt. C’est à cause de ça que leur départ me fait le plus chier. Dans le temps, Sepultura avait mis la culture autochtone brésilienne sur la map du métal. À cette époque, tout le monde voulait soudainement avoir un percusionniste en bobettes de feuilles dans leur band métal.  J’ai vraiment l’impression que Despised Icon avait acquis la maturité et la confiance pour en faire autant avec la culture québécoise. J’suis sûr qu’ils étaient sur le bord de sortir un t-shirt carreauté avec des flammes…ou d’quoi du genre.

Cette fierté francophone de plus en plus affirmée a peut-être influencé Beneath The Massacre à nommer son dernier ep Marée Noire, même s’il a été lancé sur un label américain (Prosthetic), ou bien Blind Witness à lâcher un «Tabarnak!» bien senti dans le vidéo de Baby, One More Notch (de l’album Nightmare On Providence Street, paru chez Mediaskare, un label distribué par la grosse pointure Century Media).

J’espère que la fierté de Despised Icon va donner les couilles à tous les jeunes pwels futurs musiciens de gueuler dans leur langue maternelle. Anyway, on comprends-tu vraiment les mots en pig squeel?



4 commentaires
  • Yanick
    6 décembre 2010

    « Belle job garçon »

    - Garou

  • Mike Savard
    6 décembre 2010

    Merci. Comme tu vois, je peux aimer même si je n’ai jamais été seul au moins une fois dans ma vie.

  • Pierre-Luc
    8 décembre 2010

    le pit était malade mais plus fou pendant acacia atrin des fois a cause des stage dives

  • [...] belle prise pour le Rockfest. Ça va attirer le gratin ça mon ami. Le show d’adieu était le 6 décembre 2010 au Club Soda. Je croyais que le groupe aurait attendu plus que 4 ans avant de faire un retour, mais [...]

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Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

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