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Ultra Absorbant

Retour sur le concert de Dave Hause (Loved Ones) du 9 mars 2011

Marc-André Savard
13 mars 2011

Dave Hause
avec Grey Kingdom, Prevenge et Dominic Pelletier
le 9 mars 2011 aux Foufounes Électriques
Une présentation de Carte Blanche

Les Foufs, c’est l’fun pour les shows qui brassent mais pas mal moins pour les shows acoustiques, et ce, même quand il s’agit de musiciens de bands punks qui switchent à la guit acoustique. J’étais donc pas mal déçu que le gérant de Dave Hause aille insisté pour déplacer ce show initialement prévu au chaleureux Baptiste sur Masson vers l’impersonnel stage secondaire des Foufs.

La soirée commence avec Dominic Pelletier, le jeune chanteur et guitariste de The Hunters, qui fait aussi son petit bonhomme de chemin en solo. Il trip vraisemblablement sur Chuck Ragan – et reprend d’ailleurs Don’t Cry – alors on va espérer, qu’avec un peu plus de maturité, Pelletier va atteindre le même niveau. Lancement de son premier ep le 1er avril au Quaie des Brumes.

Ensuite, deux des gars du groupe punk Prevenge se pointent en formule acoustique. «C’est la première fois que je joue de la guit acoustique ailleurs que devant ma blonde, dit l’un d’eux. J’suis nerveux en criss!» En disant ça, on excuse les petits accrochages pis on réussit à passer un bon moment.

Ensuite, ça devient vraiment intéressant. Sur la scène, une sorte de Chuck Norris qui aurait travaillé 35 ans à la STM (barbe rousse et air nonchalant) commence à jouer doucement sur sa guit. C’est Spencer, aussi du groupe indie ontarien Attack In Black, qui évolue en solo sous le pseudonyme Grey Kingdom. «Je suis arrivé à Ste-Catherine [Ontario] v’la 2 jours et je connaissais pas du tout Spencer, racontera plus tard Dave Hause. C’est bizarre parce que je m’embarquais dans une tournée de deux semaines avec lui, dans son vieux char, mais c’est rendu mon nouveau meilleur ami!» Pas de misère à le croire, Spencer a un sens de l’humour pince sans rire particulier et dégage une sorte de charisme slack très captivant, un peu comme Katie Moore ou les Weakerthans. Ma découverte de la semaine.

Ensuite, c’est Dave Hause, des excellents Loved Ones, qui vient présenter son premier disque solo, Resolutions. Dès le départ, il est nettement plus à l’aise qu’au printemps passé au Baptiste; il déconne avec le public, se moque du t-shirt de Youth of Today  de l’un, invite un autre à danser sur scène ou remercie le roadie d’Arcade Fire dans l’assitance pour lui avoir permi de voir leur show à Philadelphie. J’commence à comprendre le move du gérant d’avoir changé de salle finalement, même si le bruit du monstrueux système de climatisation des Foufs gosse royalement. Hause envoie évidemment plusieurs chansons de son nouveau disque mais également le meilleur des Loved Ones. Généreux, sympathique, Hause fait passer une excellente soirée. Selon ses dires, il sera de retour sous peu dans le cadre du Revival Tour de Chuck Ragan. Ohhhh que ça va être sold out rapidement, ça!

DAVE HAUSE
Resolutions
Paper And Plastic
2011

En solo, Dave Hause se présente sur scène avec une guitare acoustique, rien d’autre, alors quand on écoute ce disque, on s’attend à être plongé dans le même univers dépouillé. C’est effectivement le cas dès la première chanson, Time Will Tell, mais l’ambiance change vite quand, sur Melanin, la deuxième chanson, Dave est accompagné d’un groupe complet et d’un drummer qui brutalise son kit. En fait, une bonne partie de ce disque demeure dans les mêmes eaux que le dernier ep des Loved Ones, Desolations, ou que Gaslight Anthem (dans Meet Me At The Lanes, Hause conseille «Don’t forget your sunscreen / You’ve got to protect your new tattoo», tsé tu peux pas avoir plus Gaslight Anthem que ça). Même si le talent mélodique de Hause n’est pas étouffé par les amplis (C’mon Kid, Rankers & Rotters), j’aurais souhaité qu’il lève un peu plus le pied (comme sur Pray For Tucson, Heavy Heart ou Prague).

Photo par Jesse Deflorio

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Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

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