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Ultra Absorbant

Entrevue à frette avec Yannick Cimon Mattar (Envol et Macadam)

Marc-André Savard
10 octobre 2011

Exploited à Envol et Macadam 2011

Alors que le festival Envol et Macadam tirait à sa fin, on a accroché Yannick Cimon Mattar, l’un des grands manitous de l’événement, dans un Scanner bondé de gens à la goutte au nez, pour jaser un peu de l’événement sur la terrasse. De même, à frette…et c’était l’cas d’le dire!

Entrevue par Catherine La Barre

***

Bangbang : Est-ce que tu peux nous faire un petit bilan de la 16e édition d’Envol et Macadam?

Yannick : Ça a été une belle édition. Ça a été un rocky road pour s’y rendre par exemple. On a eu toutes sortes de problèmes, que ce soit avec des journalistes un peu véreux ou avec l’immigration. Y’a du monde qui cherche du sensationnalisme ou du scandale partout puis on en a été victime pour une première fois en 16 ans, mais bon, c’est correct. Mais sinon, toutes sortes de trucs, comme avec l’immigration. T’sais avec Planet Rox cette année, c’était de la belle job.

B : Peux-tu nous expliquer le concept de Planet Rox exactement?

Y : Le concept de Planet Rox, c’est de faire réseauter les bands de plus petites envergure, les bands locaux d’un peu partout. C’est de les amener à se rencontrer, à tripper tout le monde ensemble, puis à se faire un nouveau réseau de contact. T’sais, une anti-industrie de la musique si on veut, un peu comme ce qui se fait en province. Mettons que t’es un band de Québec qui rencontre un band de Montréal et un de Trois-Rivières, bien tu viens d’échanger un show avec chacun, tu vas jouer à Montréal et à Trois-Rivières. On voulait faire, et on veut toujours faire. la même chose, mais à l’international, puis de démontrer aussi à Québec qu’est-ce qui se fait ailleurs. Je suis pas certain qu’il y a beaucoup de concepts comme ça ailleurs. J’suis pas sûr qu’à travers le monde, y’a beaucoup de festivals qui acceptent de joindre un concept comme ça dans une programmation.

B : Donc, c’est un gros plus?

Y : C’est un plus, en même temps, ça fait qu’on se démarque. J’pense que ça va prendre plusieurs années avant qu’on réussisse à créer un vrai engouement à travers tout ça.

B : C’était la première année?

Y : Oui, mais on a toujours fait des concours un petit peu à gauche et à droite pour faire jouer des bands sur le festival. Mais là, c’est la première fois que ça avait cette ampleur là, que c’était international.

B : Ça part de où ce concept de Planet Rox?

Y : Planet Rox, c’est de Simon Gaudry, le directeur général d’Envol et Macadam. C’est un concept qui est né entre lui et Takashi, un promoteur de Tokyo, au Japon. Ils se sont rencontré dans le cadre d’une tournée d’échange qu’on faisait pour «Envole-toi vers…». On a toujours fait ça pour le festival. Cette année, c’est «Envole-toi vers Vancouver»

B : Qui part?

Y : Cette année, c’est Marième de CEA. Elle va jouer dans un festival francophone de Vancouver. Alors, c’est ça, les gars s’étaient rencontrés dans le cadre d’un «Envole-toi pour Tokyo», justement, puis les deux se sont tout de suite super bien entendu. Ils ont à peu près le même âge, puis ils sont le même genre de gars qui trippent dans la vie. Ils ont monté ce projet là à deux, et maintenant, il y a des pays qui embarquent encore plus. C’est carrément de l’échange.

B : C’est pour créer des liens, c’est gagnant pour tout le monde, j’imagine?

Y : Bien ça me complique la vie un peu en tant que programmateur pour un festival comme ça parce qu’il faut que j’inclus des petits bands inconnus, dont personne a jamais entendu parler, à travers une programmation. En plus, il faut que je m’assure qu’il y ait du monde. J’peux pas juste prendre ces bands là, les mettre au début puis faire comme «Merci, bonsoir!». Anyway, c’est pas ça le but , puis ce serait chien de le faire, mais en même temps, c’est dur de convaincre un band en lui disant : « Bien regarde, tu vas jouer tôt dans la journée parce qu’on veut que t’attire du monde et qu’on réussisse à offrir aux groupes qui viennent de loin une super bonne visibilité.» Alors, ça complique ma vie un peu parce que ça prend des bons spots. T’sais, c’est non stop comme journée. On avait comme 20 bands aujourd’hui, sur juste 2 scènes. Sur 4 scènes ou 3 à la limite, ça y va, mais 2, c’est un marathon!

B : Puis cette année, vous aviez quand même The Exploited qui a la réputation de brasser pas-mal. Il y avait beaucoup de policiers, mais ça c’est bien passé finalement?

Y : Bien étrangement, j’pense pas que la police était là pour The Exploited, mais plus pour la controverse entourant Légitime Violence. C’est un groupe qui a été accusé d’avoir des tendances ultra nationalistes. Écoute, nous on ne fait pas de politique, on ne connaît pas l’histoire derrière chacune des personnes. Ce qu’on sait, c’est qu’on s’est informé au service de la police de Québec, puis qu’il y a aucun membre du groupe qui avait un dossier avec quoi que ce soit qui peut se rapprocher d’un crime haineux. La ville nous a dit ok, qu’on pouvait les booker, mais t’sais nous on a rien à dire. Ils peuvent ne pas bien s’entendre avec des groupes plus à gauche ou plus à droite, ou peu importe, ça fait pas d’eux des Nazis automatiquement. Puis là, le champs gauche a décidé de s’en mêler et de crier et de faire peur aux petites grand-mères qui habitent dans le quartier St-Roch en leur disant que la crème nazie allait être dans St-Roch et que ça allait être vraiment dangereux de sortir dans les rues. Alors, ça, c’est un problème qu’on a eu. Après ça, c’est d’organiser les vols et l’immigration de 16 bands qui viennent d’un peu partout dans le monde. C’est une belle job. C’est pas tout le monde qui sait que si tu voles à partir de la Chine puis que tu passes aux États-Unis, t’as besoin d’un visa juste pour transférer d’un vol à l’autre. Puis bon, la Chine c’est un exemple facile, mais il y avait des pays comme la Malaisie. Sérieusement, est-ce que tu sais vraiment comment ça marche? C’est toutes sortes de petits détails de logistique comme ça qui ont grugé vraiment beaucoup de temps, puis ça nous a empêché de le mettre ailleurs. Mais c’est juste une période d’adaptation. L’année prochaine, ça va passer comme dans du beurre!

B : Puis là, on n’a pas eu la température idéale non plus. J’imagine que ça a fait mal financièrement, sur la vente de bière et tout?

Y : Bien ça a fait mal partout. Si jamais un communiqué sort disant que c’est une édition record, bien il ne sera pas de nous! J’pense qu’on va donner nos chiffres très humblement. C’est pas une grosse édition au niveau de la foule et de la température, mais c’est pas grave. On va en faire une autre l’an prochain et elle va être complètement débile, on va avoir du beau temps puis ça va être géniale!

Compte rendu d’Envol et Macadam

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Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

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