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Ultra Absorbant

Si le chapeau te fait… (quelques belles places dans le Sud des États)

Marc-André Savard
11 octobre 2011

Des fois, l’appel du carreauté et du foin est plus fort que tout. Ça fait que j’ai sauté dans un char cet été pour un séjour de deux semaines et demie dans le sud des États en compagnie de deux autres desperados. Le but était de vivre un trip country et cajun le plus authentique possible en essayant d’éviter les grandes villes et les pièges à touristes. Je partage ma modeste expérience, au cas où la moustache venait à vous démanger…

En gros, notre périple s’est divisé en trois partie: Le Texas (pour les cowboys, le barbecue et le country), la Louisianne (pour le beat cajun, les alligators et la moiteur) pis le Tennessee, ou Nashville et Graceland pour être plus précis (question de rajouter un peu de fromage sur notre chapeau de cowboy).

Le choix de la monture
D’abord, on a hésité à savoir si on allait descendre au Texas en voiture (32h de route) ou en avion (pas 32h de route). On hésitait à le faire en voiture parce qu’on se demandait si ça allait devenir une corvée et une perte de temps. Finalement, on a choisi la machine avec pas d’aile et on a misé juste, car, même si le paysage ne change pas drastiquement, on sent vraiment la culture (et l’accent!) du Sud s’installer à mesure qu’on descend. En plus, un coup rendu à destination, un roadtrip clanche à peu près 12 voyages en avion selon une étude menée par le Plan de Neille University.

***

LE TEXAS

Le trip cowboy, c’est un méchant gros moteur touristique au Texas, alors avant d’y arriver, j’avais des doutes. C’est tu un mythe cette histoire-là? Après tout, au Québec, on essaie de vendre l’image du coureur des bois alors que 90% des Québécois n’ont jamais vu un castor de leur vie… J’avais peur que tout le concept du cowboy tienne ensemble avec d’la broche à poule et soit réduit à quelques boutiques de cossins.

J’étais dans le champs, parce qu’au Texas, le country est roi et maître à la radio et ça vit cowboy au quotidien, pis pas à peu près.

En fait, pour avoir un expérience authentique, faut vraiment pas chercher loin. Il vous suffit d’arrêter dans n’importe lequel resto de barbecue. Ils sont si nombreux que je suis sûr que si tu fermes les yeux et que tu pèses sur le gaz, tu aboutis tôt ou tard dans la vitrine d’un steakhouse. Le barbec’ là-bas, c’est une religion. Dans une chambre de motel, j’ai même lu l’avis suivante: «Interdit d’entrer votre barbecue ni votre tondeuse dans les chambres» (ok, moi non plus, je catch pas l’affaire de la tondeuse). On voit aussi que dans le Texas moindrement rural, tous portent le chapeau de cowboy et chevauchent le Dodge Ram 1500 pur sang. Y a cependant quelques places qui se démarquent au royaume du charbon de bois.

Lockhart, la capitale du barbecue
La petite ville de Lockhart, par exemple, se proclame «la capitale du barbecue». En effet, on y retrouve quelques restos reconnus à l’international. On a d’abord essayé Black’s, le plus connu, pour y manger des ribs succulentes dans un décor assez intense. Parlant de ça, plusieurs restos de barbecue sont souvent ni plus ni moins que des grosses cafétérias où tu commandes ta viande à la livre pis où tu manges dans une sorte de décor de cabane à sucre (juste à remplacer le panache d’orignal par des cornes de vache de 6 pieds de large).


bourrelets en plateau, Lockhart

Toujours à Lockhart, une sympathique blondinette locale nous suggéra d’aller manger au Chisholm Trail Bar-B-Que et d’y commander le repas familial. Pour 12$, on a eu droit à une livre de longes de boeuf, 5 saucisses épicées, 1 pinte de courge frite, 1 pinte de macaronni au fromage, 1 pinte de brocoli à la crème et un pain maison complet (ce dernier étant un cadeau de la caissière). Le tout servi à même le plateau, sur un papier ciré, et dégusté à côté d’un renard empaillé…

En passant, oui, le monde est si gros que ça au Texas et les tetons de dos sont légions. Les portions sont proportionnelles à la clientèle et les légumes ne sont présents que s’ils sont noyés dans du gras, peu importe sa forme. J’pense qu’au Texas, on roule les végétariens dans la panure et on les mange…

Bandera, la capitale des cowboys
S’il y a un arrêt-clé pour vivre le trip texan au maximum, c’est le village de Bandera (937 habitants) qui se proclame «la capitale du cowboy».Tout ce que recherche un gars avec un chapeau et des jeans s’y trouve: du cuir sous toutes ses formes, de la boisson, de la viande pis des taureaux qui attendent juste à se faire sauter dessus.

Pour commencer, il y a des restos de barbecue réputés. En fait, c’est au point où vous pouvez vivre tout le trip du barbecue sans passer par la capitale du barbecue (Lockhart, pour ceux qui suivent).

Vous trouvez aussi à Bandera quelques antiquaires chez qui acheter tout un tas de vieilleries de cowboys (comme un crâne de vache à corne, entre 75 et 95$). Aucun danger pour les douanes – j’ai vérifié – en autant qu’il n’y ait aucun poil ni peau. Lisse comme une saucisse.

Il y a de plus quelques magasins où  acheter des bottes et des chapeaux, mais je vous conseille de faire ces achats à Nashville si vous en avez la chance. La sélection est beaucoup plus grande et les prix similaires…

Randonnée sur un ranch, Bandera

Une vingtaine de ranchs se trouvent également à moins de 15 minutes de route de Bandera. Vous pouvez bien sûr y faire du cheval (35$/heure) dans le Texas profond (avec des cactus, des serpents à sonnette, des roadrunners, et autres bibittes). La totale.

Mais s’il y a une affaire à faire à Bandera, c’est de se rendre au Arkey Blue’s Silver Dollar, un bar honky tonk légendaire qui roule depuis plus de 40 ans. Écoute, c’est sérieusement parmi les meilleurs débits de boisson que j’ai fréquenté. La déco, pleine d’archives westerns, vaut à elle seule détour. Pis je parle pas du jukebox et ses centaines de vieilles pochettes jaunies. On raconte même que Hank Williams sr. a gravé son nom à quelque part sur le bar…


Arkey Blue’s Silver Dollar, Bandera

Lors de notre passage, le Silver Dollar était vide mais deux vieux cowboys jouaient des chansons dans leur coin pour leurs amis. Tout simplement magique.

Austin

Si vous allez au Texas, vous devez aller à Austin. Bon, oubliez le trip cowboy ici. Austin est une grande ville artistique et les chapeaux de cowboy se font plutôt rares. Le trip ici, c’est de se laisser imprégner par l’irrévérance de la 6th avenue. Ce qui est cool avec Austin, c’est qu’on dirait que tous les commerces sont tenus par des p’tits baveux, en particulier ces roulottes de fast food à chaque coin de rue. Là, un resto de hot dog vente les mérite de ses «superbes chambres de bain» (alors qu’elles sont toute à fait normales) et puis te vend du bacon au chocolat (Parlant de ça, je préférerais licher l’entre-cuisse d’un cowboy après qu’il ait passé une journée sur son cheval plutôt que d’en remanger). Là, tu peux prendre une bière dans un bar avec une gigantesque affiche en néon d’un chien qui zigne la jambe d’une fille et puis pisser dans les toilettes réservées aux «bastards» et aux  «sluts». Lors de notre passage, un lundi soir, la rue était littéralement bondée. À la fermeture des bars, on a terminé la soirée avec une pointe de pizza chez Hoek’s Death Metal Pizza, une pizzeria qui joue du death à tue-tête sur le trottoir, à 3h du matin…Ohhh que ça passerait pas sur le Plateau, ça!

«Roulotte à pétak» typique, Austin

Par contre, si vous allez à Austin, prévoyez votre hébergement d’avance. Les hotels et les motels abordables sont rares et vite comblés. Au point où on a viraillé pendant 2h en char avant de se résigner à prendre une chambre «à rabais» à 119$. J’ose même pas imaginer ce que c’est pendant les fins de semaine ou le South By Southwest…

***

LA LOUISIANNE

Le berceau cajun
Après le Texas, notre prochain escale était la Paroisse de St-Martin, en Louisianne, reconnue comme étant «le berceau de la culture cajun en Amérique». Les petits villages de cette paroisse avaient l’air pittoresques dans les dépliants alors, encore gonflés par notre expérience texanne, on s’est pas trop posé de question et on a mis le cap sur l’un d’eux: Breaux Bridge

Oh, crisse, qu’on a déchanté vite. La Louisianne, c’est pas le Texas. Si la culture cowboy texanne est bien vivante, en Louisianne, la fierté cajun est moribonde et le fait français qu’on essaie de vous pousser avec des brochures billingues (pleine de fautes) existe à peine.

C’est triste à dire mais le «berceau cajun» est un ramassi de villages extrêmement pauvres, délâbrés et peuplés de gens louches. Oubliez ça le bonhomme funny qui joue d’l’accordéon sur son balcon… La joie de vivre dont on parle dans les brochures ne vous saute pas vraiment dans la face. Pendant une marche de moins d’un kilomètre entre notre hotel et un resto, la fille qui a fait partie de notre épopée s’est fait siffler 8 fois bien comptées. R’marque que c’était peut-être pour l’accueillir «très chaleureusement».

En fait, le seul point d’intérêt qu’on a trouvé dans cette partie de la Louisianne est le restaurant Mulate’s, où il y a de l’authentique musique cajun, beaucoup de danse, de l’ambiance pis ben d’la friture. (à noter qu’il y a également un Mulate’s à New Orleans et que sa réputation est toute aussi enviable).


Marais en Louisianne

Il y aurait peut-être aussi les randonnées dans les bayous et les marécages, mais ça, on vous les offre un peu partout en Louisianne alors c’est pas nécessaire de le faire dans c’te paroisse-là…ceci dit, vous devez faire l’une de ces randonnées (environ 20$/personne) pour contempler la beauté des bayous. Inutile de vous noyez dans le Muscol, il n’y a aucune mouche dans les marais parce que les libellules les bouffent…Pour ce qui est des alligators, vous allez sûrement en voir. Plusieurs compagnie semblent en tenir au moins un semi-apprivoisé à portée de moteur. De notre côté, notre guide lançait des bouts de bois à une femelle qui protégeait son nid pour la faire réagir. Malaise.

À part ça, oubliez les racoins de la Louisianne et «réfugiez-vous» à Lafayette, une ville moins décrissée où il vous sera aussi possible d’avoir des restos cajuns et des shows de qualité…et des gens habitués à voir des filles avec des dents. Bon, ok, je lâche mes confrères ruraux louisiannais.

Gardez-vous finalement un peu de temps pour visiter l’une de ces fameuses plantations du Sud. Vous y constaterez à quel point les esclaves se faisaient fourrer solide. Achetés pour quelques centaines de dollars, ils travaillaient 16h par jour, vivaient dans des taudis à quelques mètres de leurs maîtres qui, eux, relaxaient dans leurs somptueux manoirs…L’une des plantations les plus visitées est celle de Oak Alley, connue pour son allée de chênes tricentenaires. Vous serez poigné parmi les touristes obèses ou asiatiques mais elle est située dans un village qui s’appele Vacherie, alors c’est drôle.


Oak Alley, Louisianne

New Orleans
Évidemment, la Louisianne, c’est aussi la Nouvelle-Orléans (une ville un peu plus petite que Québec). Ça prend environ trois seconde et quart pour constater à quel point cette ville est unique à pleins de niveaux. D’abord, un petit cours d’histoire. À ses débuts, New Orleans était la propriété de la France, mais personne voulait faire le voyage de fou en bateau pour venir s’établir dans une swamp. Pour peupler ce nouveau territoire, la France a donc vidé les prisons et les bordels…

Par après, cette «élite de la haute bourgeoisie» a été rejointe par des Créoles, des Irlandais, des Allemands, des Américains et des Haïtiens…Parmi eux, des esclaves, des pirates, des soldats, du monde qui pratique le voodoo, qui mange du jambalaya pis du gumbo, qui joue du jazz…Vous commencez à saisir le p’tit côté épicé de la Nouvelle-Orléans?

Encore de nos jours, les habitants cultivent ce côté rebelle et, pour tout un tas de raisons, nombreux d’entre eux ne se considèrent même pas Américains. New Orleans est donc encore considéré comme un lieu de perdition hors pair. On peut y boire dans la rue, et, avec Las Vegas, New Orleans est la seule ville américaine où on vend de l’alcool 24h sur 24. Eh oui, certains bars ne ferment…jamais!

À New Orleans, c’est dans le French Quartet que ça se passe. (À propos, ce quartier n’a nulement été touché par l’ouragan Katrina). En plein coeur du quartier se trouve le fameuse Bourbon Street, une rue où se côtoient des dizaines de bars cheaps et de bars de danseuses encore plus cheaps. C’est de cette rue dont tout le monde vous parle quand il est question de New Orleans, mais entre vous et mois, c’est franchement de la marde.

Vous devez y endurer la crème des touristes colons d’Amérique sur la brosse et subir les assauts des portiers et des danseuses qui veulent vous avoir dans leur bar (oui, quand il s’agit d’une fille sur le crack avec les dents croches, on «subit»). On vous dira que la bière est 2 pour 1 pour comprendre que, oui, tu peux avoir 2 pintes pour le prix d’une mais qu’une pinte coûte…10$. Allô, les attrapes-touristes!

Une brassière contre une bière (ou comment payer 20$ pour une pinte de marde)

La Bourbon Street, ça doit être cool quand ton but est de coucher avec des filles aussi cutes que les coquerelles dans les toilettes ou vomir les cochonneries de drinks trop sucrés qu’on te vend partout. Contentez-vous de la bière, vous me remercierez le lendemain.

Sinon, pour un trip de meilleur goût, c’est sur la Frenchmen Street que ça se passe. Il y a de nombreux bars spectacles où se produisent les fameux brass bands typiques de l’endroit, sans le côté «poule pas de tête» de la Bourbon.  Bref, la musique, c’est sur Frenchman. La défonce, sur Bourbon.

New Orleans est aussi réputée pour ses nombreux lieux hantés, alors, surprise, plusieurs commerces se cherchent un passé hanté pour attirer les touristes. Mettons que si ma fenêtre ferme toute seule, je vais soupçonner un coup de vent, mais un hôtelier de New Orleans va sans doute jurer que c’est le fantôme d’un pirate pas d’tête…

Évidemment, quelques compagnies offrent des tours hantés du French Quarter. Pour une vingtaine de dollars par personne, vous pouvez entendre 4-5 histoires de fantômes/vampires/voodoo en compagnie d’une quizaine de touristes au cours d’une randonnée de 2h dans le quartier. Notre tour valait la peine parce que notre guide était tout qu’un conteur mais c’est un peu plate de constater après coup que la plupart des faits avancés ne sont pas vérifiables ou proviennent d’un livre écrit…par une femme qui a une compagnie de tours hantés. Enfin, si ça vous dit, plus d’une dizaine d’hôtels semblent être «vraiment» hantés, incluant le Andrew Jackson Hotel, où 5 petits étudiants morts dans l’indencie de cette ancienne école passeraient le temps à faire des coups aux invités…[relire ce passage avec une lampe de poche dans 'face]

Et finalement, dur de passer à côté du voodoo en Nouvelle-Orléans. Une bonne partie de ses habitants le pratiquent sur une base régulière et, encore une fois, il y a une piasse à faire avec les touristes. Il y a trois magasins consacrés exclusivement au voodoo dans le French Quarter. 2  vendent de la pacotille, et le troisième, Voodoo Authentica, est tenu par des prêtres et prêtresses voodoos et s’adressent à ceux qui le pratiquent vraiment. Tant qu’à flamber 15$ sur une fausse poupée voodoo, aussi bien dépenser ce cash sur un vrai gri gri…

Nous avons passé que 2 jours à New Orleans et, croyez-moi, ça aurait pris le double pour bien saisir toute la richesse de cette ville. J’ai ouvert une boîte de Pandore en y mettant les pieds et je m’y froterai sans doute de nouveau un jour (osti, j’suis p’tête possédé par l’esprit d’une prostituée décapitée).

LE TENNESSEE

Nashville
Bon, ok, cherchez pu, le country, c’est là que ça s’passe. Sur la Broadway Street pour être plus précis. C’est une rue très touristique, mais qui, au moins, regorge de commerces de qualité. Des bands excellents jouent dans des bars magnifiques qui ressemblent souvent à des p’tits musées du country. Si vous passez outre les baby boomers en bermudas beiges, vous allez vous amuser solide. Les bars-spectacles de Broadway sont charmants mais il y en a un qui vaut le détour et qui ne se trouve pas dans le secteur: Le Station Inn. À une vingtaine de minutes de marche des néons de Broadway, situé dans un nowhere land, ce bar est un incontournable du country et du honty tonk et fréquenté par les locaux. Arrivez tôt par contre. Les portes ouvrent à 21h et le bar ferme dès la fin du spectacle, vers minuit. Soyez avisé que tu vas là uniquement pour écouter le band, assis à l’une des nombreuses tables disposées en rangées (setup de salle de bingo, genre). Anyway, le gars qui jouait ce soir-là, Verlon Thompson, m’a donné tellement de frissons que j’vois pas qui aurait pu ne pas l’écouter…

Pour revenir à Broadway, il y a également plusieurs magasins de vêtements westerns. Des bottes de cuir pis des chapeaux, en veux-tu, en v’la. Même chose chez les disquaires. En veux-tu du country? Kinnnnn. Si vous voulez acheter un instrument, c’est possible itout mais vous devrez vous éloignez sensiblement du centre-ville. Le seul magasin d’instruments sur Broadway en est un haut de gamme (comme dans pas grand chose en bas de 1000$). La cowgirl de notre escapade s’est poigné un banjo chez Corner Music. Bon choix, bon prix, bon service…

Un incontournable sur Broadway est le Hatch Show Print, un atelier d’impression en opération depuis 1879 qui a reçu plusieurs commandes qui font rêver (comme l’affiche du premier show d’Elvis Presley en 1956…). La sélection impressionnante d’affiches antiques réimprimées (souvent avec la méthode ancestrale de blocs de bois gravées) fera assurément déféquer tous les amateurs d’art imprimé qui ont pas une cenne.


L’affiche du premier show d’Elvis telle que produite chez Hatch Show Print à Nashville en 1956

À Nashville, il y a aussi le Country Music Hall of Fame. Au début, je voulais pas y aller. Tsé, je me disais que ça devait être comme visiter un musée de la chanson populaire avec un focus sur le country à-la-Patrick-Normand plutôt que sur le paysan des années ‘20. J’y suis allé quand même, j’ai payé le 20$ à l’entrée pis j’m’attendais à le regretter. Ben non.

Le musée vaut vraiment le détour. Il regorge d’information, de documents, et de reliques de toutes les sphères du country, incluant une collection d’instruments hallucinantes (le piano en or d’Elvis, la guitare recouverte de peau d’alligator de Hank William jr, une vieille guitare gossée à la main, etc.). Il y a même le vieux char de Webb Pierce pimpé country (avec une scelle sur la banquette avant, des poignées de porte en fusils pis des cornes sur le bumper).


Un char de vrai mâle, Country Music Hall of Fame, Nashville

Finalement, pour faire son frais, il y a une piscine en forme de guitare à l’hôtel Ramada (15 minutes à pied du centre-ville). Très cool, mais la coquerelle dans le frigo l’était un peu moins…

Craceland (Memphis)
Oh, que j’étais pas sûr de vouloir payer pour visiter le domaine d’Elvis. D’abord, j’suis pas un fan. Ensuite, mis à part ses débuts, y était kétaine en maudit…J’me suis quand même laissé convaincre de faire un détour vers Graceland.

Tout d’abord, arrivez tôt et soyez prêt à côtoyez des milliers de touristes, dont certains parmis les spécimens les plus dégoûtants de la race humaine, adipeusement parlant. Enfin, pour 35$, vous aurez accès à quelques expos et visites, incluant bien sûr la célèbre maison d’Elvis mais aussi deux jets privés et une collection de voitures. Ok, on sait que Elvis avait du cash sans bon sens, mais on constate en visitant Graceland qu’il en avait en ta-bar-nak. Malgré son argent, on constate aussi qu’Elvis avait aucun goût en déco (ou sinon que les années ’70 ont le dos large en maudit).

Sous-sol d’Elvis, Graceland, Memphis

Finalement, ça vaut le coup, Graceland. Prévoyez une demi-journée et p’tête quelques dollars pour acheter certains des souvenirs les plus kitsch à n’avoir jamais été produits sur Terre…

Bar hanté
En banlieue de Cincinatti (14h de Montréal) se trouve le Bobby Mackee’s, un immense bar country réputé pour être hanté. Il a même fait l’objet d’un épisode de Hantise à Canal D! (L’épisode s’intitulait Les portes de l’enfer pour les intéressés). Fait que nous autres, on s’est dit qu’on allait aller voir ce qu’avait l’air Satan avec des chaps.

Oups padaille!

En arrivant au bar, on se heurte à un staff aussi sympathique qu’un taureau avec un lastic autour des gosses, la musique fait dur (passant du country sirupeux au…dance) pis les tours de taureau mécaniques coûtent 6$/chaque. Bon, ça commence à sentir mauvais tout ça. Concentrons-nous sur les ti fantômes. Pas besoin de chercher ben loin, on organise un tour hanté du bar à toutes les heures. Au kiosque d’inscription, on vend des livres, des cossins pis même de la sauge. C’est quasiment écrit «on vous fourre» en néon, mais on décide de le faire pareil. En gros, pour 10$/personne, on s’est promené pendant 20 minutes dans un vieux sous-sol en compagnie d’une quinzaine de filles saoûles bronzées orange qui criaient aux 2 secondes. La guide essayait d’être dramatique. «Icitte, il s’est passé ça pis ça. Là, si vous regardez bien, on peut voir les traits du démons dans les craques de ciment». Ben oui, check, j’ai Raspoutine dans mon pwel de poche!

Il s’est sans doute passé des affaires fuckées au Bobby Mackee’s mais pas la peine de dépenser pour ça, et en y repensant bien, pour les tours hantés en général. À moins de prendre tout ça comme un show de Fred Pellerin…

Tsé, les manifestations de l’au-delà, c’est rare en maudit pis ça serait assez surprenant que tu «vives des affaires» dans un tour hanté. C’pas comme les baleines à Tadoussac ou les alligators en Louisianne, là.

Ben voyons, j’finis donc ben ça plate. Hiiiii ahhhhhh (kin, c’est mieux!)

Sunny Duval était aussi de passage dans le sud cet été. Regardez du côté du Petit Tavernier!

* Merci ben Marilyne Lacombe pour plusieurs des photos.
**Photo en en-tête prise sur une pompe à essence chez Esso (j’pense).

6 commentaires
  • punkrockhardcorefolketc
    11 octobre 2011

    Wow !

  • Kristof G.
    12 octobre 2011

    Malaaaaaaade.

  • Anne
    12 octobre 2011

    Je meurs de jalousie. Non ok, je meurs pas, mais j’ai pitché ma tasse de café au bout de mes bras en hurlant.

  • Marilyne Lacombe
    12 octobre 2011

    hiii haaaa ! T’as pas mis la photo de toi en train de prendre un drink exotique trop sucré dans un bar gai de New Orleans ? Déception…

    Ajouts :)

    - Avoir un melon d’eau géant est une bonne façon d’impressionner un texan et de nourrir une dizaine de personnes. On peut s’en procurer à Luling, la capital du melon d’eau (parce qu’au Texas toutes les villes sont la capitale de quelque chose…)

    - Shulenbourg Festival: du bon rodéo, du patriotisme américain à son paroxisme, de la bière et des gros cheeseburger pas cher

  • Mike Savard
    12 octobre 2011

    Bons compléments Marilyne!…Sauf que j’essaie d’oublier tout ce qui se rapproche de près ou de loin à la poche de sucre diluée dans 2 tasses de punch aux fruits que tu appeles un drink exotique.

  • elisa
    14 octobre 2011

    Je pense que je vais préparer du bacon dans le chocolat pour demain et je vais louer un vieux cowboy suant!!

    Pi j’ai vu plein de baleines à Tadoussac cet été en passant :)

Ultra Absorbant

Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

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