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Ultra Absorbant

François-Carl Duguay, un photographe plein de pellicule

Marc-André Savard
15 janvier 2012

Heille le monde est petit pareil. Laissez-moi vous expliquer.

Cet automne, dans le pit à photographes pendant le concert de Mastodon, un de mes doigts a fait une finte et a appuyé sur le déclencheur de mon appareil sans que je lui demande. De retour à la maison, je m’aperçois qu’à cause de cet erreur, j’ai pris en photo un photographe en action. Aucune idée de qui c’était mais j’trouvais ça dommage de ne pas pouvoir lui donner la photo (parce que les photographes sont encore moins photographiés que les batteurs dans le monde cruel du rock).

Quelques semaines plus tard, je déambule à l’Expozine. Tout en zigzaguant entre les nuages de swing, j’accroche sur un livre de photos sur lequel on voit la guitariste de Kylesa qui a pas l’air pas mal fâchée. Ça me parle.

Je jase avec l’auteur/photographe assis à la table et je réalise qu’on fréquente souvent les mêmes shows. Je plisse les yeux, attends peu là…mais oui, c’est le photographe photographié du show de Mastodon. «Ah ben saperlipopette, j’ai une photo pas pire de toi! Tu la veux-tu?»

François-Carl Duguay – c’est son nom – me parle de On The Wagon vol. 2, le livre qui a attiré mon oeil. L’hiver dernier, il a passé quelques jours avec le groupe Kylesa pour immortaliser sur pellicule une partie de la tournée et du mode de vie qui vient avec: de la banalité du loading, jusqu’aux suitants moments sur scène sans oublier le p’tit verre au motel le soir…

Quand je dis «sur pellicule», ce n’est pas une expression. À l’inverse d’à peu près tous les photographes de nos jours, Duguay utilise la pellicule, développe ses films et tire ses photos en chambre noir. Un gars dans la mi-vingtaine qui fait ça en 2012? S’il écoutait uniquement du Led Zep, je dirais qu’il a abouti à Montréal par une faille temporelle!

En effet, 99% des  photographes utilisent un appareil numérique et se permettent de mitrailler le sujet puisqu’aucun coût n’est rataché à la photo en tant que telle. Pour sa part, Duguay y pense deux fois avant d’appuyer sur le déclencheur puisque la pellicule coûte un bras. Se faisant, Il donne de la valeur à chaque cliché et repositionne la photographie en tant qu’art à part entière…et c’est sans compter le trouble qu’implique le travail en chambre noir. Plonge ceci, calcule cela, capote maintenant.

François-Carl Duguay est un passionné qui prend simplement le temps. Le temps de créer au sens propre et le temps de mettre en lumière les groupes qu’on voit tous les soirs mais ailleurs que sous les feux de la rampe. On The Wagon vol. 2 est une tranche de vie touchante du quotidien d’un groupe rock en tournée que je vous conseille chaleureusement d’acheter. Faîtes vite, les quantités sont très limitées.

Pelecanus.net a réalisé une entrevue-fleuve avec François-Carl Duguay cet automne. Il y parle de son art mais aussi de la fois où il s’est ramassé avec une fille toute nue dans les bras pendant un show de Motörhead. Lisez ça, c’est pas mal rock.

On The Wagon vol. 2 – Kylesa
par François-Carl Duguay
La Ligne à Harde
100 pages, 82 photos
30$

Photographie en en-tête: Aurélie Lévesque Gauvin

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Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

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