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Ultra Absorbant

Réveillez votre farfadet intérieur (7 albums incontournables de punk celtique)

Marc-André Savard
16 mars 2012

Il y a une dizaine d’années, j’ai pratiquement eu la maison parentale pour moi tout seul pendant un été. Pas besoin de dire que les nuits étaient courtes et que ma vie était un genre de film pour ados (sauf que personne ne m’a jamais surpris à forniquer avec une tarte aux pommes sur la table de cuisine). C’était une chouette période, mais deux amis avaient la fâcheuse habitude de me rendre visite à 4ham pour se baigner dans la piscine. Pas super quand tu dois être debout à 8h pour aller travailler…

Bref, les levées de corps étaient pénibles pendant cet été-là. À un moment, j’ai pas eu le choix de demander à un ami de me prêter du beat pour me réveiller le matin. Pantera ne faisait pu effet; j’avais besoin de quelque chose de fort. Il m’a refilé le premier album de Dropkick Murphys, Do or Die, qui a eu instantannément l’effet d’un gallon d’espresso. Depuis, je consomme la cornemuse par intraveineuse et je suis accro à à peu près tout ce qui est carreauté et qui fait Wooooooho Hey Hey Hey. Bref, j’trip sur le punk celtique.

Puisque demain, c’est la St-Pat, vous risquez de sortir dans un pub, et tôt ou tard, un mec qui déborde de Jameson va vous passer son bras autour du cou pour pousser la chansonnette. Question que vous puissiez vous égosiller avec énergie en compagnie de votre nouvel ami, voici sept de mes albums de punk celtique préférés (sept, parce que c’est le nombre de guimauves différentes dans une boîte de Lucky Charms). Notez que je mets pas deux fois le même groupe, j’trouve ça beau la diversité (comme le nombre de guimauves différentes dans une boîte de Lucky Charms).

***


DROPKICK MURPHYS
Do or Die
Hellcat
1997

On peut diviser les albums de Dropkick en deux périodes: l’une underground et l’autre plus grand public. Donc, avant de devenir un institution du rock celtique, de remplir le Fenway Park et de plaire aux mangeux d’ailes de poulet de la Cage, Dropkick Murphys faisait quelque chose de beaucoup plus brut: du punk d’la rue qui tire sur le oi avec, évidemment, un fort côté celtique. Bien que j’adore la période actuelle, je penche pour la première mouture de Dropkick Murphys, en particulier pour Do Or Die, le tout premier album qui regorge d’hymnes (Faîtes jouer Boys on the Dock ou Barroom Hero sur un chantier de construction et, en un clin d’oeil, vous risquez de voir des jobbers se foutre torse nu et faire chin-chin avec leur Thermos). En plus, c’est seulement sur cet album que l’on peut entendre Mike McColgan à la voix (avant qu’il ne quitte le groupe l’année suivante pour devenir pompier); pas mal le chanteur le plus enthousiaste du genre (que l’ont peut entendre depuis 2002 avec les Street Dogs).

THE POGUES
Rum, Sodomy & the Lash
MCA
1985

Ce que j’aime des Pogues, c’est que des musiciens traditionnels accomplis se retrouvent à jouer en compagnie d’un chanteur alcoolique irrécupérable aux dents pourries qui boit son fort dans une pinte: Shane MacGowan. Pensez au cliché de l’Irlandais saoûl, et imaginez-le encore plus saôul, Encore un peu, voilà MacGowan. Néanmoins, le je-m’en-foutisme de cette épave vivante a forgé l’identité des Pogues depuis sa formation en 1982. Sans surprise, MacGowan finit par se faire sacrer dehors par ses potes, mais en 1984, la patience de ces derniers n’était pas encore usée. En fait, les Pogues étaient à leur sommet et la quantité impressionnante de chefs d’oeuvre sur cet album en témoignent (Navigator, Dirty Old Town, etc.).

FLOGGING MOLLY
Drunken Lullabies
SideOneDummy
2002

Un petit truc pour passer une nuit toride? Écoutez le film PS I Love You avec une jolie demoiselle et, au moment précis où vous entendez la pièce If I Ever Leave This World Alive de Flogging Molly, dîtes à votre conquête à quel point vous l’appréciez. Et voilà, capitaine! Voyez-vous, si Dave King, à la tête de Flogging Molly, a confirmé sur ce 2e album qu’il était capable de composer du punk celtique qui fait lever le coude (les bombes What’s Left Of The Flag, Drunken Lullabies), il a aussi dévoilé une sensibilité et un talent incroyable d’auteur-compositeur (The Son Never Shine On Close Door ferait brailler un Irlandais qui vient de gagner un tournoi de soccer).

THE MAHONES
Paint This Town Red
True North
2003

The Mahones, c’est comme  une version plus électrique des Pogues avec plus d’accordéon. C’est p’tête justement à cause de cet instrument que je passe toujours mes automnes à écouter du Mahones. Je sais pas pourquoi l’accordéon me fait penser à l’automne…C’tu les Cowboys Fringants qui ont fucké mes repères?! Formé en 1990 à Kingston (Ontario), The Mahones se targuent d’être le tout premier band punk celtique moderne et comptent 9 albums à leur actif, mais si vous savez pas par où commencer, attrapez Paint This Town Red, une  compilation double qui contient toutes les incontournables (Across The USA,  Drunken Lazy Bastards, 200 Bucks, etc.). C’est comme manger juste les guimauves dans un bol de Lucky Charms (vous l’aurez deviner, j’aime les céréales).

REAL McKENZIES
Loch’d & Loaded
Honest Don’s
2001

Bon, je l’sais, Real McKenzies affichent fièrement leur héritage écossais et c’est plutôt la fête des Irlandais qui est à nos portes. Mais là, on s’enfargera pas dans le carreauté du tartan quand on a affaire à l’un des meilleurs bands punk au pays. En effet, le groupe est exceptionnel pour plusieurs raisons: D’abord, leurs shows sont tout simplement incroyables et vous restent en tête longtemps (et pas juste à cause du chanteur qui lève son kilt…). Ensuite, on dirait que c’est Slash qui joue de la cornemuse (personne d’autres ne torchent les tuyaux avec autant de fougue en concert!). Et pour finir, les albums. Mon préféré est leur 3e, Loch’d & Loaded. Épique, fougueux, mal léché, original; Comme un Highlander sur son cheval qui te lance une bouteille de scotch vide en te faisant un sourire pas fiab’.

THE TOSSERS
The Valley of the Shadows of the Death

Victory
2005

The Tossers, c’est Flogging Molly en moins propre, avec un verre de plus dans l’nez. Formé en 1993, c’est seulement avec ce 5e album que Tony Duggins et son groupe  ont enfin reçu l’attention méritée. Les trois premières pièces (Good Mornin Da, A Criminal Of Me, No Loot, No Booze, No Fun)  feraient danser un gars en comma étillique.

FLATFOOT 56
Black Thorn

Old Shoe
2010

Flatfoot 56 sont impliqués dans leur Église et s’accomodent bien de l’étiquette de rock chrétien. Virez pas fou, on est loin des P’tits Chanteurs du Mont-Royal. En fait, Flatfoot 56 propose l’un des punk celtique les plus musclé qui soit, frôlant parfois même le hardcore de la vieille école. C’est l’album Knuckles Up qui a  mis le groupe sur la map en 2004, mais je préfère Black Thorn parce que je vois pas comment on peut composer une meilleure chanson que Courage.

Pis toi, c’est quoi tes albums préférés?

Aussi à lire:
17 groupes punk celtiques à découvrir

En entête: Shane MacGowan (The Pogues).

3 commentaires
  • punkrockhardcorefolketc
    21 mars 2012

    Très cool ton truc. Do Or Die est effectivement un méchant bon album. Ça a spinné beaucoup beaucoup beaucoup dans mon lecteur CD portatif en 1998.

    Concernant l’histoire que McColgan a quitté DKM pour devenir pompier je l’ai entendu souvent et elle a du sens sauf que dans la pochette du 7 »Curse Of A Fallen Song qui était un preview à l’album The Gang’s All Here et, sauf erreur, le premier enregistrement de DKM avec Al Barr, il y a un statement assez long du groupe qui dit(en partie):«We apologies to anyone who was a fan of Mike as our singer, however contrary to popular rumor, he did not leave the band to join the fire department. Mike left the band because he is no longer interested in being a member of this band or the movement of which wa are part. To quote Mike directly,  »You guys deserve a singer whose heart is 100% into it. And I’m not, So I shouldn’t be in this band… »»

    Étrange…

    Apparemment le gars a retrouvé le goût de faire partie de ce mouvement quelques années plus tard…

  • Mike Savard
    22 mars 2012

    Ouin étrange certain. McColgan disait en entrevue en 2001 pour Ink 19: «I left the Dropkick Murphys to pursue being a Boston firefighter, and I’ve been on that job for close to three year now. I left the band in April of ’98, and between that time and now I have been channeling my energy on getting on the fire department and doing that job.»

  • sam71
    23 août 2014

    Merci beaucoup
    On peut y ajouter Black 47 qui est relativement plus calme mais trés agréable

Ultra Absorbant

Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

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