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Ultra Absorbant

Quelques bouchées du Pouzza 2012

Marc-André Savard
23 mai 2012

Get The Shot

L’an passé, le premier Pouzza m’avait rendu pas mal humide. Cette année, l’équipe derrière le festival s’est surpassé en mettant sur pied une programmation encore plus calorifique que la précédente…Malheureusement, j’ai manqué la plupart des spectacles que j’aurais aimé voir, mais voici tout de même un aperçu de ce qu’a été mon humble Pouzza cette année.

Le vendredi après-midi, je glande sur la terrasse en attendant le merveilleux concert en soirée qui mets en vedette Hot Water Music et Bouncing Souls. Évidemment, personne ne veut se heurter à un guichet fermé, donc le bar est déjà rempli pour le deuxième groupe de la journée: Dig It Up, nos Bronx locaux. Ces types sont géniaux, ils font de la saprée bonne musique et ils vendent ce t-shirt:


Dig It Up

Le festival bien entammé, on se rend à l’Underworld pour voir Kepi Ghoulie en formule acoustique. Même seul sur scène, Kepi parvient à communiquer son irrésistible énergie de gamin (d’ailleurs, il sortira un album pour enfants le mois prochain sur Asian Man Records).


Kepi Ghoulie

De retour aux Foufs, The Menzingers s’en donnent à coeur joie. Le groupe s’est fait voler lors de leur tournée européenne il y a quelques mois, mais je suis content de voir que l’épreuve ne semble pas avoir émoussé leur énergie…

Vient ensuite le premier gros canon du festival: Bouncing Souls. Leur dernier passage aux Foufs avec Youth Brigade avait été mémorable et je suis tout aussi comblé ce soir. Dès le départ, le groupe envoie Sing Along Forever, le plancher s’active et les classiques s’enchaînent (Lean On Sheena, Kate Is Great, Private Radio, Hopeless Romantic, Kids and Heroes, Here We Go…). Je passe sous le silence le type qui surfe en chaise roulante parce qu’après des dizaines de spectacles à le voir s’exécuter, on commence à le prendre pour acquis…

Hot Water Music termine la soirée aux Foufs, et bordel, le groupe est en feu. Il envoie Remedy en intro et la foule, évidemment, disjoncte. En fait, le choix des chansons est ridiculement puissant (Trusy Chords (avec Dave Hause), Wayfarer, Turnstile et j’en passe). On accorde aussi beaucoup de place au nouvel album Exister (Mainline, Drag My Body, Paid In Full). J’m’en plaint pas parce que c’est pas mal ce que j’écoute sans arrêt depuis une semaine. Quelle bombe, ce disque!

Le souffle à peine repris, on passe devant une soirée de démonstration de tuyaux de balayeuse au Métropolis (Kinetik que ça s’appele) puis on se joint à 10 000 personnes qui célèbrent une combinaison précise d’une couleur et d’une forme…on aboutit finalement aux Katakombes pour voir des vieux punks à l’oeuvre dans une salle comble.

Attendri par le disque de Hot Water Music que j’ai en main, le portier se vide le coeur: «Shit que j’aurais aimé ça voir ça, mais j’suis poigné ici!». Vraiment, les bénévoles multiplient les sacrifices dans un tel festival. je vous lève ma calotte en «scrigne» à tous, en particulier à ceux postés aux entrées qui passent leur temps à expliquer que les passes ne donnent pas nécessairement accès à tous les spectacles (Essaies de raisonner des fans des Dwarves intoxiqués et tu pourras dire que tu es un adepte de sport extrême). D’ailleurs, vidons cette fameuse question avant de poursuivre ce compte rendu.

Beaucoup de gens se sont plaints du fait que la passe de trois jours ne donne pas accès automatiquement à tous les spectacles (une décision qui permets de vendre plus de billets à l’unité et de maximiser les revenus). J’comprends qu’une porte fermée stimule les glandes lacrymales, mais plutôt que de mettre ton énergie à chier sur une noble entreprise telle que le Pouzza, que dirais-tu de focusser sur la recherche d’une solution pour mettre davantage les passes en valeur? Le Pouzza souhaite s’améliorer et il accepte de bonne foi toutes suggestions. J’ai aucune idée comment les passes pourraient donner accès à tous les concerts, mais, dans un autre domaine, j’ai une suggestion pour le Pouzza : Dans la brochure, il faudrait avoir l’horaire sous forme de tableau parce que là, on en feuillette une shot

Pour en revenir aux Katakombes, les légendaires Meatmen donnent un spectacle à la hauteur de leur réputation…et du chanteur Tesco Vee (si grand qu’il doit pouvoir changer un ampoule au plafond avec ses dents juste en se mettant sur le bout des pieds). Pourquoi il ferait ça? Parce qu’il est un bizarre de personnage. Ce soir, il porte une sorte de costume de mariachi à paillettes et il abonde dans l’irrévérance la plus crue. Aucune demi mesure avec des chansons comme  2 down, 2 to go, une douce sérénade dédiée aux Beatles dont voici les paroles.

chapman shot him
dead
plugged him in the head
no more slopehead wife to fuc
no more squito bites to suck

lennon’s dead hip hip hooray
all his dues he know must pay
gearoge, paul, ringo any day
will be dead we all must pray

a paunched out hippie fart he was
a pot smoking scumbag
bespeckled old scuz
his panface gookin’ fuck so me stud
insurance cash all covered in blood

one year later
they paid their respects
prayed for his soul
then went went home & had sex
hipocrytes all of them
the worst kind of drugged out phlegm

C’est heavy pareil de la part d’un gars aux cheveux blancs, hein?

Ensuite, la soirée continue sur sa lancée grinçante avec les tout aussi légendaires et contreversés Dwarves qui repoussent les limites du punk depuis 25 ans à coups de pénis moites. En effet, le bassiste, qu’on surnomme HeWhoCannotBeNamed, a tendance à ne porter qu’un masque de luchador en spectacle…Malheureusement, le personnage n’est pas là ce soir, mais néanmoins, les Dwarves demeurent un solide groupe en concert. À un certain moment, un type en bobette avec un masque de clown sort de l’arrière-scène et saute dans la foule. Bon, j’ai ma dose de nudité masculine, je peux aller me coucher et refaire mes forces. C’est que mon samedi s’annonce pas mal rock’n’roll…et pas à cause du Pouzza.

Imagine-toi donc que ce samedi, Cock Sparrer fête leur quarantième anniversaire à Boston (après 12 ans d’absence dans cette ville!). Je peux pas manquer ça et je dois me résigner à accrocher ma passe Pouzza pour une journée entière…

Je ne suis pas à plaindre, me diras-tu, Cock Sparrer, c’est une institution! Et t’u as raison, ça valait le coup, oh oui, mon gars! Cock Sparrer sont encore meilleurs que je pensais. Les gars, même à l’aube de la soixantaine, s’amusent encore comme des fous et la foule est survoltée, pis une foule de skins excitée, ben ça mets de la vie en maudit (quoi que pas autant que le SPVM qui s’amuse sur une terrasse pendant ce temps).

Je reviens en ville dimanche en fin d’après-midi et je me précipite au Pouzza. On dit que l’esprit de ce festival est de découvrir des groupes dans les plus petites salles, alors je décide que ce soir, je suis ce plan à la lettre. Pas de gros bands ska à l’agenda, je pars à l’aventure!

Je commence cette dernière journée de festival avec Get The Shot aux Katakombes. Il y a très peu de gens, mais le groupe hardcore de Québec donne tout ce qu’il a, comme s’il jouait devant les staffs de Dischord et de Bridge 9 réunis! Leur deuxième album, Perdition, paru il y a quelques mois, m’a jeté sur le cul, mais ce n’est rien à côté de la performance qu’offre le groupe en concert. J’ignore où le chanteur puise son énergie, mais ça doit être au même endroit que Scott Vogel…drette dans les trippes. (Manquez pas notre entrevue avec ce dernier qui sera publié bientôt. On y constate qu’il y a un cerveau derrière c’te violence-là!)

Ensuite, on fait le plein de tacos et de téquila dans un resto justement nommé…Tequila Taco (coin St-Laurent/Sherbrooke) pis ma fin de semaine commence à me rentrer dans le corps. J’erre de salles en salles en parlant à des amis sans assister à des concerts (l’esprit du Pouzza, c’est aussi socialiser avec d’autres gens tout croches, hein?).

En rafale, j’accroche Cerebral Scrub de Toronto (trio punk rock/hardcore old school si typique à nos voisins), les locaux Rockhard (hard rock plein de glitter), Machinegun Suzie (un groupe de demoiselles de Québec digne des belles années de Seattle), Opposition Rising, de Boston (qui semble découragé que le public soit presque tous du côté du Club Soda pour voir des «fucking corporate punk bands») et Disaster Strikes, aussi de Boston (un groupe très politisé sur Alternative Tentacles dont les plupart des adeptes doivent malheureusement être dehors en train de se faire poivrer).

Machinegun Suzie


Cerebral Scrub

Vers 23h30, je déclare forfait, alors que jouent les vétérans d’Ottawa Porcelain Forehead (dans lequel joue Janine Frenken, l’une des premières femmes à gratter des cordes dans un groupe hardcore). Classics Of Love sont à venir, on annonce même un show surprise de Suicide Machines aux Foufs, mais je ne tiens plus debout. Les yeux dans la graisse de binne, je  repense à tous les bons moments que j’ai vécu au Pouzza encore cette année. Des souvenirs assez puissants pour me faire oublier les abus constabulaires de la fin de semaine qui ont eu lieu en marge du festival. Merci du fond du coeur à l’indispensable Pouzza d’aider à faire passer le moton!

Toi, quels bands que tu as vu? Des bonnes découvertes?

Photos de Dig It Up, Bouncing Souls et Hot Water Music par Catherine La Barre

2 commentaires
  • J.F.
    25 mai 2012

    Pouzza Fest and riots. It couldn’t get much more exciting than that!

    OPPOSITION RISING were @#$@% amazing (my new favourite band?) as well as all the other bands I saw at Foufs on Sunday – the only night I could be in MTL. (A shame Club Soda was packed and had a huge lineup outside of people hoping to get in while other Pouzza venues went half empty, what a waste!) But definitely, I want to see Opposition Rising again.

  • Claudia
    1 juin 2012

    1000 ans plus tard…

    Un compte-rendu de béton, qui se lit aussi bien qu’une Pabst se boit rapidement dans les grandes chaleurs.

    J’aurais aimé explorer le Pouzza, mais merci d’avoir braqué une bonne paire de jumelles sur l’événement !

Ultra Absorbant

Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

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