BangBang : bangbangblog.com

Ultra Absorbant

Musique de Noir (Retour sur le spectacle de Trash Talk, 14 novembre 2012)

Marc-André Savard
16 novembre 2012

Dans le milieu hardcore ou punk, on rencontre jamais de Noirs ou presque. Non, mais c’est vrai! Veux-tu ben me dire pourquoi on croise jamais d’Haïtiens qui gueulent du Terror aux Foufs ni d’Africains dans le pit? Je m’insurge au nom du multiculturalisme, je veux mangez un coup de coude de la part d’un pas-blanc! Heureusement, les choses semblent changer et il y a bel et bien des «personnes de couleur» (c’plus gentil dit comme ça, hein?) qui suivent les traces des Bad Brains…Merci la Californie!

Le groupe de Sacramento Trash Talk est particulièrement bon pour foutre la merde, mais il se démarque aussi par les ponts qu’il crée avec la culture hip hop (il sont signés sur le label hip hop Odd Future). Précisons que ces liens sont tissés avec le caractère écervelé d’un punk accroché à son bong et non pas avec l’attitude de thugs de la DMS crew (qui unit sous la même bannière des artistes hip hop et le fameux New York hardcore).

Par aileurs, disons-le, la moitié de Trash Talk est Noire. Pas de d’arrière-pensée hérouxvilloise, là, c’est juste un fait exceptionnel qu’il est bon de souligner, si ça peut motiver certaines minorités à éclater des stéréotypes, car ce métissage de scènes musicales et ethnique ajoute vraiment un côté rafraîchissant à l’imprévisibilité des concerts de Trash Talk. Ce soir, c’est avec émotion que je reçois ENFIN mon premier coup de pied dans le front de la part d’un Noir dans un show hardcore. Oui, c’toujours plaisant, du changement.

Sans surprise, ça brasse lors du premier spectacle de Trash Talk à Montréal depuis sa formation en 2005. À la fin du spectacle, le bassiste, Spencer Pollard (sosie de MC Ride de Death Grips) a même l’idée de se suspendre aux poutres du plafond du Il Motore. Dans sa prouesse, il fait vasciller une énorme caisse de son juste au-dessus de ma tête…Au technicien de scène qui a vissé solidement ladite caisse, j’te dois une bière.

«Ok, on arrête de se lancer de chaque côté et on court tous vers le fond de la salle!» – Lee Spielman, chanteur de Trash Talk

Après les chaotiques Trash Talk, le duo hip hop californien MellowHype prend la scène d’assaut. Je m’étends pas davantage sur le sujet puisque je suis autant à l’aise à parler de hip hop que George Laraque à vendre un extracteur à jus. Tout ce que je peux dire, c’est que la chimie entre le hardcore punk et le hip hop est juste parfaite ce soir. C’est très cool de voir la foule – qui faisait des circle pits 15 minutes plus tôt – bouncer pendant MellowHype. Prochaine étape: stagediver en faisant le worm.

Pas encore de commentaire. Laisser un commentaire

Ultra Absorbant

Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

À propos

Syndication RSS

BLOGUE
COMMENTAIRES
iweb