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Ultra Absorbant

Retour sur le concert d’Old Crow Medicine Show (20 août 2013)

Marc-André Savard
22 août 2013

Old Crow Medicine Show était de passage au Cercle de Québec il y a quelques jours. Et à guichets fermés à part de ça. Je sais ben que j’avais écrit quelques jours plus tôt que le  show semblait passer dans le beurre – après tout, on demandait 30$, un mardi soir, pour voir un groupe que je croyais pas si gros que ça par ici – mais les racines du bluegrass sont plus longues que je pensais, et visiblement, même Québec ne pouvait passer à côté d’une bête à cordes quand elle passe en ville.

C’est donc dans un Cercle-sauna rempli à craquer de carreauté que Ketch Secor et ses 6 potes sont montés sur scène.  Secor, ce charismatique violonniste, le sourire aussi large que son archet, avait l’air d’attendre ce premier show à Québec en 15 ans de carrière depuis longtemps.

Il confiait d’ailleurs à CBC ce printemps qu’il tripait pas mal fort sur l’est du pays et sur le Nouveau-Brunswick. C’est pas pour rien si, ce soir, le groupe en profite pour casser son frençé sur une reprise du groupe 1755, un groupe acadien, avant d’adapter des grands pans – toujours en français – d’une composition rebaptisée Black Haired Quebecoise, puis de saluer la Gaspésie au passage.

En ce qui concerne le reste des chansons, OCMS reste sur les rails du reste de la tournée et file à vive allure. De Carry Me Back To Virginia, jusqu’à Tell It To Me, sans bien sûr oublier la bombe Wagon Wheel, Old Crow Medicine Show rentre au poste comme un train pas de frein (ouin, ok, pas le meilleur temps pour une joke de train…)

On assiste à un grand moment, rien de moins. Une leçon de bluegrass directement venue de Nashville.  Le pauvre roadie mérite une médaille d’être capable de suivre le rythme, tant les musiciens changent souvent d’instruments au fil des chansons. Par icitte le banjo et la mandoline, par là l’accordéon et l’harmonica! Grouille, y a un duo de violon qui s’en vient! Vite, dans c’te toune-là, Secor fait un solo avec 2 harmonicas! Pas facile de fournir 7 p’tites brutes qui semblent capables de torcher tout c’qui a des cordes…

Le Cercle est rempli à pleine capacité, il fait chaud, le groupe est fou. Tous les éléments semblent réunis pour faire éclater le plancher de danse. Or, quand un type se risque à faire quelques pas en début de spectacle, on l’accueille comme s’il avait décidé d’écrire son nom en diahrée sur le parquet. «Décâlisse!» «Criss de cave!».

Je sais pas si j’ai encore de travers les hideuses pencartes «Pas de moshing et de crowd surfing» placées aux abords des scènes au dernier Heavy MTL, mais ça m’a gossé qu’on capote autant de voir du monde danser. J’me permets donc une petite montée de lait sur le sujet.

Partons du début: Qu’on le veuille ou non, les racines-mêmes du bluegrass impliquent la danse. Faites-vous plaisir et cherchez ces vidéos d’archives de vieux travailleurs de champs de coton qui font swinguer la marmaille sur les galeries avec un banjo pourri…Le bluegrass, tout comme le trad, le  punk ou le hardcore d’ailleurs, prend tout son sens en spectacle. Tu vas pas voir un show de ces styles, tu vas y participer.

Donc, danser à un show de bluegrass (même si c’est sauter sur un pied comme un cégépien chaudaille à un show des Cowboys Fringants), ça va de soi. C’est pas comme faire un kata à Radiohead. Là, je comprendrais qu’on puisse kicker quelqu’un. Mais à un show de Old Crow Medicine Show, quand le groupe lui-même incite à la danse, je comprends pas…Tsé, une gorgée de bière sur sa veste, me semble que ça sèche vite devant le meilleur band bluegrass à avoir fouler les planches du Cercle depuis j’sais pas quand…

Mine de rien, vous venez de lire mon 100e compte rendu de concert en ces lieux. Merci de me lire. J’me sers un scotch à votre santé!

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Marc-André Savard

Comptes rendus d'événements humides et propos juteux.

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